Manque d'accessibilité à la STIB: une vidéo interpellante

Nicolas Delplace, 19 ans, dénonce les difficultés rencontrées par les personnes à mobilité réduite dans les transports en commun.
Nicolas Delplace, 19 ans, dénonce les difficultés rencontrées par les personnes à mobilité réduite dans les transports en commun. - © Tous droits réservés

"Aucune spontanéité possible", des "annulations de dernière minute" par la STIB, un "numéro d'accès surtaxé" à 0,30 euro la minute... Les difficultés sont nombreuses pour les personnes à mobilité réduite quand il s'agit de se déplacer à Bruxelles. L'un d'eux, Nicolas Delplace, dénonce le manque d'accessibilité du réseau de la STIB à travers une vidéo interpellante.

Nicolas Delplace a 19 ans. Il est infirme moteur cérébral et se déplace en fauteuil roulant électrique. Comme tous les jeunes de son âge, il souhaite se déplacer pour rejoindre ses amis, faire du shopping, etc. Pour lui, aucun imprévu n'est cependant permis, au risque de se retrouver bloquer à l'une ou l'autre station de métro, sans parler des difficultés rencontrées durant le trajet.

"Ce n'est pas normal que des jeunes comme moi ne puisse pas sortir quand bon leur semble, confie-t-il. Les services d'accompagnement proposés sont souvent indisponibles le jour même, car déjà tous réservés et ce, parfois même lorsqu'on prévient une semaine à l'avance. Le réseau dans l'ensemble est très difficile d'accès et je trouve que, pour Bruxelles, cela donne une très mauvaise image en tant que capitale européenne."

Affecté par la situation du réseau de la STIB, Nicolas avait interpellé la société des transports bruxellois en février dernier. Dans son message, il dénonce des "lignes très peu accessibles" et des "circuits très peu adaptés".

Mais, plus qu'une question d'infrastructures, le jeune homme dénonce "le manque de flexibilité et de garanties" des services de la STIB. "Nos loisirs doivent toujours être prévus à l’avance, aucune spontanéité n’est donc possible", écrit-il. "Pas de transports "mini-bus" le week-end", mais aussi une "possibilité d'annulation" de la part de la STIB "en dernière minute, ce qui engendre le coût d'un taxi privé", ou encore l'absence "de garantie quant à l'heure d'arrivée et de départ".

Le "comble", écrit-il encore, est la surtaxation (à raison de 0,30 euro la minute) pour le numéro de téléphone permettant de demander une assistance lors du trajet en métro.

Dans une réponse détaillée envoyée quelques jours plus tard, la STIB reconnaît que plusieurs points peuvent être améliorés, tout en rappelant qu'il existe un certains nombre de services d'assistance pour faciliter les déplacements. "Il est vrai que de nombreuses lignes sont peu accessibles aux personnes en fauteuil roulant" et "la présence d’une aide ne permet pas pour autant de se déplacer sans encombre", peut-on notamment lire.

31 stations sur 69 sont équipées

Nicolas Deplace a néanmoins décidé de conscientiser le plus grand nombre face à cette situation d'inaccessibilité. À travers sa page Facebook, intitulée "Transports en commun : vraiment pour tous ?", le garçon de 19 ans fait part des difficultés qu'il rencontre, mais aussi des avancées réalisées en matière d'accessibilité des transports.

Pour faire passer son message, il a réalisé cette vidéo qui illustre parfaitement ce qu'il vit au quotidien lorsqu'il veut se déplacer. Déjà visionnées plus de 2000 fois, les images parlent d'elles-mêmes : chaque voyage en transports en commun est un véritable parcours du combattant.

Un manque de liberté

Aujourd'hui, Nicolas n'essaye même plus d'avoir recours aux services spécifiques proposés pour les personnes à mobilité réduite. "Généralement, ils ne sont pas libres, mais c'est surtout le fait que je ne suis pas libre si je fais appel à eux, commente-t-il. Avec eux, je n'ai pas le droit aux imprévus, aux changements de dernière minute, etc. Et puis le service est très limité: si je veux aller au cinéma en soirée, c'est impossible."

L'accompagnement dans les transports de la STIB est en effet limité à un horaire bien précis : de 7 heures à 20h45 du lundi au dimanche. Alors Nicolas préfère se déplacer par ses propres moyens, ou avec ses parents, même si ce n'est pas toujours facile.

Actuellement, 31 stations de métros et pré-métros de la STIB sont accessibles pour les personnes à mobilité réduite sur les 69 que comportent le réseau. Quant aux bus, seules cinq lignes sont "100% ou partiellement accessibles" sur l'ensemble de leurs arrêts, peut-on lire sur le site de la société des transports.

Mais pour le jeune de 19 ans, le constat est plus sombre : "Toutes les stations de métro ne sont pas aussi accessibles qu'ils le disent. Parfois, entre la rame et le quai, il y a un écart important et il y a donc des dangers. Si je reste bloqué, en entrant ou en sortant, et que le métro redémarre, je serais mal..."

Pas une meilleure note pour la TEC

Les TEC wallons ne sont pas meilleurs élèves. Le service PMR qui met a disposition des mini-bus adaptés est bien souvent saturé. "En voulant un jour me rendre à Louvain-la-Neuve, j'ai contacté la TEC un mardi pour planifier un trajet jeudi ou vendredi. Je laissais même le choix en fonction des disponibilités."

"Malgré cela, tout ce qu'on m'a répondu, c'est qu'il n'y avait aucun bus disponible et que le service était en fait complet pour toute la semaine. Je n'ai donc tout simplement pas pu me déplacer."

T.M. (@thomasmignon)

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