Manifestations contre les violences faites aux femmes: "Ces violences, elles ne sont pas que physiques"

Ce lundi 25 novembre est la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Dans ce cadre, des manifestations ont eu lieu partout dans le monde et notamment en Belgique où différents mouvements et associations ont organisé des rassemblements.

Dimanche à Bruxelles, plus de 10.000 personnes ont défilé dans les rues selon la police. L’année dernière, une manifestation similaire avait rassemblé 5000 personnes. Après la capitale, c’est aujourd’hui les régions qui emboîtent le pas avec des rassemblements notamment à Louvain-la-Neuve et Braine-L'Alleud. 


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Louvain-la-Neuve

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200 personnes se sont rassemblées pour réclamer une prise de conscience du monde académique, politique, judiciaire mais aussi de la société civile quant aux violences faites aux femmes. Celles-ci sont quotidiennes et peuvent prendre de multiples formes.

"Cela commence par toutes les remarques au niveau des vêtements", confie une étudiante. "En ingénieur, par exemple, on n'a pas de chaussures disponibles en dessous du 40. Donc c'est déjà une violence car on a pas de chaussures adaptées à nos tailles. Les professeurs qui nous font des remarques, les étudiants également. En soirée, encore hier, je suis rentrée, un homme m'a suivie dans la rue dans le noir. Alors oui, il ne m'a rien fait mais c'est une violence. Ou même simplement des remarques comme 'Hé mademoiselle, souris!'. Non! J'ai le droit d'être en colère contre toutes ces violences".

Plusieurs organisations féministes, des mouvements politiques étudiants et l'assemblée générale des étudiants de l'UCLouvain étaient à l'initiative de cette action contre les violences sexistes.

"Ces violences, elles ne sont pas que physiques. Elles sont aussi d'ordre psychologique et moral. Elles se répercutent dans plein de domaines: la prise de parole, la reconnaissance des compétences, l'obtention de grades académiques,... Soit dans beaucoup de sphères de la vie universitaire, de la vie de chercheur ou de professeur académique", explique Mathilde Fraipont, secrétaire générale de l'Assemblée générale des étudiant.e.s de l'UCLouvain.

"L'université a fait quelques efforts en terme de procédure contre le harcèlement mais nous, on demande que cela aille plus loin. On demande que l'université se remette en question de façon générale. Qu'elle remette en question son système de fonctionnement qui, pour nous, est patriarcal et reflète les dynamiques de la société en général. On attend une vrai prise de conscience".

 

Egalement présente la plate-forme achACT (Action Consommateurs Travailleurs) qui clame sa solidarité avec les travailleuses de l’industrie de l’habillement alors que "nos vêtements sont fabriqués à 80% par des femmes exploitées, partout dans le monde. Ces millions de femmes et jeunes filles travaillent pour fabriquer les vêtements qui seront ensuite vendus par des marques et des enseignes de mode que nous portons toutes et tous. Un marché très lucratif qui génère chaque année plusieurs milliards d’euros de profits au mépris des droits les plus fondamentaux des travailleuses concernées : insécurité au travail, salaires de misère, heures supplémentaires souvent forcées, répression syndicale, etc."

"Au-delà des conditions de travail déjà déplorables et parce qu’elles sont des femmes, les travailleuses de l’habillement sont exposées à des violences spécifiques liées au genre telles que le harcèlement moral, le harcèlement sexuel, les licenciements abusifs en cas de grossesse ou refus de congés de maternité, les agressions sur les trajets domicile/travail, et bien d’autres violences".

Le rassemblement a démarré par une minute de bruit place de l’Agora suivis de prises de parole. Les manifestants ont ensuite marché vers la place de l’Université.

Braine-l’Alleud

Vie Féminine – Brabant wallon a également organisé une action pour dénoncer les violences faites aux femmes et demander des changements concrets, localement, à Braine-l’Alleud. L’association veut dénoncer les multiples formes de violence et de sexisme dans l’espace public et dans l’espace privé "parce que ces violences nous concernent toutes et par solidarité envers toutes les victimes de féminicides et toutes autres violences faites aux femmes".

Le rassemblement a eu lieu devant la salle du Conseil communal pour "demander au bourgmestre et au collège communal de prendre au sérieux la Convention d’Istanbul sur laquelle nous lui avons demandé de se pencher" explique Hyacinthe Gigounon, coordinatrice régionale de Vie féminine. "Cette Convention européenne ratifiée par la Belgique fixe des mesures à appliquer contre les violences faites aux femmes, à tous les niveaux de pouvoir".

Le rassemblement a commencé par une minute de bruit contre les violences faites aux femmes, suivie de prises de parole et notamment de la lecture des noms de femmes victimes de féminicides en Belgique en 2019. L’association de femmes tenait à occuper l’espace public pour "affirmer que nous y sommes légitimes".

Pour terminer leur action, les manifestantes ont marché jusqu’au tunnel de la gare, identifié comme un lieu insécurisant pour les femmes. Elles y ont écrit des messages et apposé des calicots.

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