Tilff: sept interpellations lors de la manifestation en mémoire du braqueur

Tilff: charge de la police lors de la manifestation en mémoire du braqueur
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Environ 250 personnes ont pris part à une courte marche en mémoire de Jordy Makono Kasavubu, le braqueur du bijoutier de Tilff, vendredi après-midi à Liège. En fin de cortège, une trentaine de jeunes ont causé des débordements. La police a procédé à sept interpellations.

La police a procédé à 7 arrestations administratives à la suite des débordements survenus à la marche organisée en mémoire du braqueur du bijoutier de Tilff, vendredi après-midi à Liège.

"Des enquêtes sont actuellement en cours afin de les confondre avec les auteurs des dégradations commises sur une dizaine de voitures", explique le porte-parole de la police de Liège. La police précise avoir été chargée d'encadrer et de gérer la foule, environ 350 personnes, rassemblée devant le funérarium où repose le braqueur, tout cortège ayant été interdit par le bourgmestre de Liège la veille. "Néanmoins, vers 15h30, les participants, malgré la signification aux organisateurs des prescriptions de l'arrêté du bourgmestre, ont décidé de constituer un cortège en direction du pont des Arches afin de rejoindre le centre de Liège", souligne le porte-parole.

Les services de police les ont alors empêchés de franchir le pont, les dirigeant vers une rue adjacente. Au terme de la manifestation, "une quarantaine de jeunes, masqués, se sont engagés en courant sur le boulevard Saucy pour rejoindre la Passerelle en se munissant, au passage, d'objets ramassés sur le sol. Nos services, présents de l'autre côté de la passerelle, les ont bloqués et obligés à faire demi-tour". Selon la police, ces jeunes ont alors lancé des projectiles et dégradé des véhicules en stationnement.

Le cortège avait été interdit par le bourgmestre Willy Demeyer, jeudi, qui craignait une contre-manifestation et des troubles à l'ordre public. Vers 15 heures, alors que près de deux cents personnes étaient regroupées devant le funérarium où repose la dépouille, boulevard de la constitution, à Liège, des organisateurs ont fait état d'une rencontre en cours entre les proches de la victime et le mayeur, déclarant avoir finalement obtenu l'autorisation de la tenue de la marche, suivant un itinéraire raccourci. Le bourgmestre, Willy Demeyer, a démenti avoir donné toute autorisation de manifester. Il estime que la gestion de l'événement relèvait de la police et ne fait pas de commentaire.

Les proches du braqueur ont pris la tête d'une courte marche qui a démarré vers 16 heures, encadrée par la police. En tête du cortège se trouvaient des jeunes gens arborant des t-shirts à l'effigie de la victime et proclamant "Jordy assassiné, repose en paix".

"On ne peut pas tuer un enfant comme cela"

Une trentaine de minutes plus tard, en fin de manifestation, l'une des sœurs de la victime a prononcé quelques mots. "Jeune black, blanc, nous sommes tous de la même famille, de la race humaine. Perdre un proche, c'est dur. Partir si tôt, ce n'est pas permis, cela ne devrait pas être permis". "Cette marche est une action très importante pour la mémoire de Jordy", précise Mira Makono, sa grande sœur, à l'agence Belga. "Sa mort est injuste pour la communauté. On ne peut pas tuer un enfant comme cela. Le nombre de personnes présentes prouve à quel point c'était un garçon bien et très aimé".

Alors que la manifestation, qui s'était déroulé dans le calme, prenait fin, une trentaine de jeunes ont lancé des pierres et se sont dispersés en courant vers le boulevard Saucy. Bloqués par la police, ils ont scandé le prénom de la victime, puis ont hurlé "assassin, assassin". Ils s'en sont ensuite pris à une demi-douzaine de voitures, et en ont rendu au moins deux hors d'usage.

La police était présente en nombre, matraques et boucliers au poing. Le rassemblement s'est finalement disloqué vers 17 heures.

La famille et les proches de Jordy Makono regrettent ces débordements.


Belga

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