Bruxelles : manifestation de soutien aux migrants, à l'initiative d'une dizaine d'ONG

"La situation humanitaire qui se joue à la frontière gréco-turque exige une réponse forte, adéquate et urgence de l’Union européenne." C’est ce que réclament une dizaine d’ONG internationales, dont Oxfam, le CNCD 11- 11 -11 ou encore Médecin du Monde. Elles ont organisé une manifestation en fin de journée, rue de la Loi à Bruxelles, pendant la réunion du Conseil Justice et Affaires intérieures de l’Union européenne. Ce Conseil développe la coopération et les politiques communes concernant diverses questions transfrontières. Environ 400 personnes étaient présentes.

Les manifestants arboraient diverses pancartes avec des messages comme "Protect humans, not borders", "Europe must act", "Frontex kills", "L’Europe forteresse tue", "Save lives", "Refugees Welcome", ou "Solidarity". Un ballon géant portait au-dessus de la foule l’injonction "Open the borders". Des personnes avaient peint l’intérieur de leurs mains en rouge. Divers slogans ont été scandés, parmi lesquels "Safe passage now", "No borders, no nations, stop deportations" ou "Say it load. Say it clear. Refugees are welcome here".

"Je suis ici parce que j’ai travaillé en Grèce, à Samos et à Lesbos. J’ai vu les conditions inhumaines. J’ai le sentiment que c’est un jeu politique que nos politiciens européens jouent avec des gens", explique une manifestante.

"Ils sont là en train de négocier sur comment fermer les frontières et ils ne sont pas en train de négocier pour aider les gens. C’est dégueulasse", ajoute un autre.

"La politique européenne en matière de migration est devenue ignoble depuis quatre ans. Il est parfaitement possible de répartir les gens en détresse dans la grande masse de l’union européenne avec les centaines de millions que nous sommes", affirme un troisième manifestant.

"Des camps de la honte"

"Les gens sont parqués dans des camps de la honte sur les îles grecques. Ces derniers jours, on a vu des 'Push back', des navires des autorités grecques qui tirent vers des embarcations pour essayer de les faire fuir. C’est proscrit en droit international. Il faut garantir à chaque personne la possibilité d’entamer une procédure d’asile", souligne Alexis Deswaef, président d’honneur de la Ligue des Droits humains.

"Protéger les frontières quand on sait aujourd’hui que c’est au coût d’une politique tout à fait inhumaine, c’est pour Amnesty inadmissible", ajoute sa porte-parole francophone Valérie Michaux. "Il faut que l’Union européenne prenne ses responsabilités et prenne à sa charge une partie des personnes qui cherchent à venir se réfugier dans nos pays."

La Turquie accueille actuellement 3,6 millions de personnes ayant fui la guerre en Syrie, auxquelles s’ajoutent 365.000 ressortissants d’autres nationalités provenant d’autres pays en guerre comme l’Irak ou l’Afghanistan.