Blocage du chantier de la prison de Haren: 80 arrestations au total

Environ 90 personnes bloquent, depuis ce lundi matin à 06h00, le chantier de la maxi-prison de Haren, ont indiqué les participants à l'action. Au total, la police, qui a procédé aux premières arrestations sur un des points de blocages peu avant 08h00, a arrêté 80 activistes, a précisé vers 11h45 Ilse Van de keere, la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles en fin d'opération

5 points de blocage, pas d'altercation avec les ouvriers du chantier

Les activistes s'oppose à la construction de cette prison qui doit être érigée sur l'un des poumons verts de la capitale : le terrain du Keelbeek. L'action en cours ce matin n'est pas la première.

Il y a cinq points de blocage aux entrées du chantier. Les activistes sont reliés entre eux par des tubes et attachés aux grilles ainsi qu'à des dispositifs en béton au sol. Différentes banderoles ont été déployées affichant notamment : "Stop maxi-prison de Haren now". Une fanfare est également prévue.

Selon les activistes, il n'y a pas eu d'altercation avec les ouvriers. La police était rapidement sur les lieux.

Louis fait partie des manifestants : "On est arrivé très tôt ce matin, avant que les ouvriers arrivent sur le chantier. On est plus ou moins 70, ou entre 70 et 90, et on s’est attaché avec des chaînes sur les différentes portes qui mènent au chantier. Donc il y a cinq points de blocage, comme ça on empêche toutes les entrées au chantier".

Les raisons de cette action 

Louis explique : "On est complètement contre le fait de construire une nouvelle prison. On pense que la solution carcérale n’est pas une solution. En plus de ça, ce sont 19 hectares bétonnés avec des procédés qui sont antidémocratiques. Il y a tout un débat sur le Conseil d’État qui doit rendre un avis qui n’est pas respecté par les entreprises. Du coup, pour toutes ces raisons, on met nos corps en avant pour lutter contre ce projet."

Les opposants à la prison de Haren se recrutent parmi les défenseurs du coin de nature qu'est la plaine du Keelbeek. C'est l'un des rares poumons verts de ce coin de Bruxelles et un écrin de biodiversité.

Il y a ensuite le barreau de Bruxelles. La perspective de devoir se rendre aux confins de la région, dans un quartier peu desservi en transports en commun, ne plaît guère aux avocats. La prison se trouve en outre trop loin du Palais de Justice. Le barreau craint des pertes de temps lors des transferts de détenus vers la Place Poelaert.

Le projet apparaît aussi fort coûteux aux yeux de nombreux observateurs. D'autant qu'il s'agit d'un partenariat public-privé entre le fédéral et un consortium international. Ce type de montage financier a souvent tourné à la confusion des pouvoirs publics.

Enfin, l'Observatoire International des Prisons ne croit pas à une réduction de la surpopulation carcérale grâce à la nouvelle prison. Plus on construit d'établissements pénitentiaires, plus on les remplit.

Enfin, rappelons-le, l'auditrice du Conseil d'Etat a remis un avis positif au recours des riverains contre les permis d'urbanisme et d'environnement

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