Malgré sa vue défaillante, Eléonor devient vice-championne d'Europe Handiski

Chloé et Eléonor Sana à l'entrainement à Tignes en France
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Chloé et Eléonor Sana à l'entrainement à Tignes en France - © @DelphineSimon

A 17 ans, Eléonor Sana est une Belge qui mérite d'être connue. Sa force de caractère et sa bonne humeur sont communicatifs. Eléonor est malvoyante. En quelques mois , après être entrée en compétition Handiski, elle a décroché la deuxième place de la Coupe d'Europe au général. Une ascension fulgurante qu'elle doit à son courage, son positivisme mais aussi à sa sœur Chloé, devenue son guide sur les pistes enneigées.

Eléonor est malvoyante depuis ses 3 mois. Suite à un cancer des rétines détecté peu de temps après sa naissance, sa vision a été considérablement réduite. Quand vous êtes face d'elle, Eléonor distingue votre silhouette et la couleur dominante de vos vêtements. Elle ne pourra, par contre, pas apercevoir les détails de votre visage. Sur une piste, elle ne distingue pas le relief du tapis neigeux. Et lors d'un slalom, elle ne contrôle que les deux premières portes.

Malgré ses soucis de vue, elle s'est lancé un défi de taille. Au mois d'octobre dernier, Eléonor a démarré la compétition Handiski avec la ligue Handisport francophone. C'est sa sœur Chloé qui la guide sur les pistes de ski. Si Eléonor peut atteindre des pointes de vitesse allant jusqu'à 100 km/h, c'est notamment grâce à sa sœur qui la devance. Chloé est toujours vêtue d'une chasuble jaune fluo pour être repérée par Eléonor. Les deux sœurs ont trouvé aussi leur propre langage sur les pistes. Pour améliorer leur communication, des micros ont été installés dans leurs casques.

L'ascension fulgurante

Depuis octobre 2014, c'est une aventure incroyable que vivent les deux sœurs Sana. " On a du réapprendre à skier. L'année passée, on venait juste pour les vacances, une semaine par an. En 6 mois, depuis que nous avons commencé la compétition, nous avons déjà passé 9 semaines à la montagne pour nos entrainements et les compétitions. " Eléonor et Chloé n'envisageaient pas de compétition avant quelques mois d'entrainement. Au final, Il en fut tout autrement. Dès le mois de novembre 2014, elles ont participé à deux courses de Slalom à Landgraaf aux Pays-Bas avec des résultats étonnants: 3ème et 4ème places au classement. Très vite les compétitions se sont enchainées avec des résultats encourageants. En février 2015, Eléonor et Chloé se sont retrouvées à la finale de la Coupe d'Europe en Italie où elles décrochent la première place au slalom. Des bons résultats qui les hissent au rang de deuxième à la Coupe d'Europe au général.

L'avenir promet des podiums

Quand on parle des Jeux Olympiques de 2018 aux sœurs Sana, leurs yeux se mettent à briller. Toutes les deux s'entrainent aujourd'hui avec cet objectif en tête. Un objectif qui semble tout à fait réaliste quand on entend leur coach Stéfan Sazio: "  Les JO sont tout à fait accessibles et je les crois capables d'avoir de belles médailles." Un avis professionnel qui promet encore une vibrante aventure pour les deux sœurs.

Eléonor aimerait-elle les défis ?

Eléonor descendra prochainement de sa montagne pour rejoindre la pleine mer. Elle a accepté de participer au prochain défi de Cap48. Aux côtés de Delphine Simon et de Tanguy Dumortier, ils participeront à la course mythique Fastnet au mois d'aout 2015. Ensemble, ils prouveront que tout est possible quand on est ensemble. Le défi est de taille car, exceptés les deux skippers, l'équipage n'a jamais navigué. L'aventure promet donc d'être impressionnante, difficile par moment mais surtout belle humainement. Un documentaire sur ce défi "d'un Cap à l'autre" sera diffusé début octobre prochain sur la RTBF.

RTBF

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