Maladies nosocomiales: le matériel médical n'est pas toujours bien nettoyé

Lors d’une visite à l’hôpital, vous pouvez être contaminé et tomber malade. Il s’agit d’une maladie nosocomiale : des infections contractées lors d’un passage en milieu hospitalier.

2600 Belges en meurent chaque année. 

Les contaminations sont d’origines diverses, parfois directement liées au mauvais nettoyage du matériel médical. Pourtant, nettoyage, désinfection, stérilisation : toute une procédure doit être suivie et respectée.

Nettoyer des instruments complexes

Par exemple, l’endoscope. Cet appareil médical intrusif est utilisé pour observer des endroits du corps difficilement accessibles. Et c’est de loin, l’appareil le plus compliqué à nettoyer dans les hôpitaux, notamment aux Cliniques Universitaires Saint-Luc. "Ici c’est ce qu’on appelle un onglet", nous montre Anne Simon, microbiologiste et médecin hygiéniste, sur un endoscope. "C’est une pièce très embêtante car si on ne la fait pas bouger, on n’arrive pas à nettoyer correctement en dessous. Et ça, c’est vraiment un des endroits les plus critiques qui est à l’origine des contaminations et éventuellement d’épidémies".

Dans la salle de nettoyage, un endoscope d’un mètre cinquante est enroulé. Il sort d’une opération chirurgicale. Il va passer une heure dans cette salle de retraitement avant d’être à nouveau opérationnel. L'équipe suit scrupuleusement la procédure recommandée: "La personne qui nettoie l’endoscope est excessivement consciencieuse. Nous faisons aussi des contrôles microbiologiques régulièrement sur ce matériel pour valider définitivement si l’endoscope est bien désinfecté ou pas. C’est ça qui va vraiment garantir que le patient est en sécurité", explique Anne Simon.

Le problème de ces appareils médicaux, si la procédure de nettoyage n’est pas respectée, c’est que des bactéries peuvent se loger et former des biofilms. "Un biofilm, c’est le moyen qu’a trouvé le monde bactérien pour survivre dans notre environnement. Une bactérie seule dans notre environnement est fragile, elle s’enferme dans une coque qu’elle produit elle-même, dans laquelle viennent s’ajouter les débris de l’environnement et donc, former un petit nid de bactéries" nous explique Michel Delmée, professeur de microbiologie à UCLouvain. Ces biofilms deviennent de plus en plus résistants aux antibiotiques.

Un manque de temps et de moyens

Une société belge spécialiste dans les produits de nettoyage a sondé des endoscopes dans des hôpitaux belges. "Les chiffres sont très variables d’un hôpital à l’autre. Dans certains hôpitaux, on voit 0 à 5% de contamination dans les endoscopes et dans d’autres ça peut monter à 50%. On a une fourchette assez large de contamination et qui dépend de multiples facteurs : humain, financier ou autres matériaux", constate Sébastien Goenen, CEO de OneLife, spécialiste dans le nettoyage de matériel médical.

Aujourd’hui, plusieurs sociétés fabriquent des produits détergents à base d’enzyme, efficace pour supprimer totalement les bactéries… Encore faut-il prendre le temps de bien suivre les procédures. L’endoscope, petit ou grand, est désormais l’instrument le plus utilisé à la fois pour un diagnostic et une intervention. Son coût : de 30.000 à 100.000 euros. Il doit être utilisé plusieurs fois par jour. Le nettoyage doit donc suivre rapidement et ce n’est pas toujours évident selon Michel Delmée :"il y a une contrainte physique à reconditionner un endoscope très vite car le gastro-entérologue, l’ORL, le gynécologue attend son endoscope pour continuer à travailler et ce, dans les meilleures conditions pour obtenir de meilleurs résultats".

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