Maintien à domicile ou maison de retraite, comment choisir?

Maintien à domicile ou maison de retraite, comment choisir?
Maintien à domicile ou maison de retraite, comment choisir? - © Tous droits réservés

Faut-il maintenir ses aînés le plus longtemps possible chez eux ou bien vaut-il mieux leur trouver une place dans une maison de repos ? Choix difficile. La question se pose surtout quand les personnes âgées deviennent dépendantes. Aide-ménagère, aide familiale, infirmière... elles ont alors besoin de plus en plus de services payants pour pouvoir rester chez elle. 

Pas de règle générale

La facture est salée mais pour les familles, il est encore très difficile au départ de se faire une idée précise avant de choisir entre le maintien à domicile ou la maison de retraite. C’est ce qui a conduit la Fédération des maisons de repos à créer un outil pour comparer les coûts, et l'objectif des deux solutions.

Cet outil - pas encore accessible au grand public - montre qu’il n’y a pas de règle générale. Dans certains cas, le maintien à domicile est moins onéreux et dans d’autres il est plus cher. Il faut prendre de nombreux facteurs en considération: l’état de santé de la personne, les services dont elle a besoin, la région aussi où elle habite et le fait d’être propriétaire ou locataire. Cela a une influence sur la facture globale.

Vincent Frédéric, secrétaire général de la Fédération des maisons de repos, explique: "Il n’y a pas de généralités, mais quand on voit les moyennes de consommation en Wallonie et à Bruxelles, il est évident que la personne âgée propriétaire de son logement sera dans une situation meilleure que celle qui est locataire et que, de manière paradoxale, le locataire a, à certains moments, presque intérêt à rentrer en maison de repos plutôt que de rester à son domicile."

Des "aberrations"

Les coûts en tout cas sont souvent très lourds pour les personnes âgées dépendantes et leurs familles, mais aussi pour la collectivité. Parfois, certains arbitrages "aboutissent à des aberrations", relève l’économiste et ancien président Écolo du CPAS de Namur, Philippe Defeyt. Il explique: "L’exemple le plus clair est le suivant : un certain nombre de personnes âgées font appel à une infirmière pour certaines toilettes parce que ça coûte moins cher, alors qu’en fait, dans un certain nombre de cas, ça pourrait être une autre personne qu’une infirmière pour faire ces mêmes soins. La manière dont on va tarifer un certain nombre de services va impacter des choix et va pomper plus ou moins de ressources collectives."

Et en pratique, la facture peut basculer d’un niveau de poids à l’autre, par exemple de l’État fédéral vers les Régions ou inversement. Le risque, en réalité, c'est que ces deux niveaux de pouvoir finissent par favoriser des politiques qui diminuent leurs propres factures, quels que soient les besoins réels des gens sur le terrain.

Est-ce que les pouvoirs publics apportent quand même une réponse satisfaisante aux besoins des personnes âgées dépendantes ? Peut mieux faire. Constat de Philippe Defeyt : les pouvoirs publics connaissent mal les besoins réels sur le terrain. Ils ignorent combien de places supplémentaires il faudrait réellement en maison de repos  ou encore combien d’heures d’aide familiale il faudrait prévoir. Les outils pourtant sont là pour évaluer ces besoins et orienter, voire probablement augmenter la dépense publique en conséquence, mais, dit-il, il manque encore un ingrédient clé : la volonté politique.

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