Mai 68, c'était il y a 50 ans: retour à Nanterre, là où tout a commencé (vidéo)

Celui qui fut le leader de Nanterre, Daniel Cohn-Bendit (au centre).
Celui qui fut le leader de Nanterre, Daniel Cohn-Bendit (au centre). - © Tous droits réservés

Une résidence pour les filles, une autre pour les garçons…Interdiction absolue d’aller dans ceux du sexe opposé. Mais en 68, la pilule vient d’être mise sur le marché, les jeunes écoutent le rock’n roll, les mœurs se libèrent et la morale n’a plus trop la cote. Alors cette interdiction va mettre le feu aux poudres: les étudiants s’insurgent et veulent des dortoirs mixtes.

Nous sommes à Nanterre en mars 1968. Un campus qui vient de sortir de terre, au milieu des champs et des bidonvilles, et qui accueillent des étudiants toujours plus nombreux. La Sorbonne parisienne est devenue trop petite. Cette génération du baby-boom de l’après-guerre a soif de connaissance, de liberté et profite de l’élévation générale du niveau de vie des " trente glorieuses ". A l’université, ils rêvent d’un monde meilleur, ils découvrent la vie sous tous ces aspects et certains d’entre eux, souvent engagés politiquement à la gauche de la gauche, n’ont peur de rien. On les appellera bientôt les enragés. Parmi eux, un étudiant en sociologie venu d’Allemagne séduit par son bagout : Daniel Cohn-Bendit. Il deviendra bientôt l’icône de toute une génération.

Nanterre, là où tout commence…

A Nanterre, les responsables universitaires sont ouverts aux réformes. Ils sont convaincus que l’université doit s’adapter à de nouvelles méthodes plus participatives, que le rapport à l’autorité doit changer, bref ils vont dans le sens de l’histoire. Mais pas assez vite au goût de cette minorité agissante qui va bientôt rendre les choses incontrôlables. Le 22 mars, ils vont occuper la tour administrative et les autorités académiques décident la suspension des cours. Ils agitent la sonnette d’alarme auprès du ministère. Mais à Paris on ne s’alarme guère : cette poignée d’étudiants va bien finir par se calmer. D’ailleurs, la presse de l’époque s’intéresse bien plus à la guerre du Vietnam et au sens des formules-choc du général De Gaulle qu’à cette crise universitaire de la banlieue ouest de Paris.

Le mois de mai le plus célèbre de l’histoire de France

Ils ont tort. Quarante jours plus tard, c’est Paris qui s’enflamme. Les étudiants occupent la Sorbonne au début du mois de mai qui deviendra bientôt le plus célèbre de l’histoire de France. La police intervient sans ménagement et matraque à tour de bras. Ce qui a pour résultat de ranger, dans un premier temps, une majorité des Français du côté des étudiants. Et à la tête de ceux-ci, à Paris, revoici le leader de Nanterre, Daniel Cohn-Bendit. Ces étudiants "enragés" étaient au départ très minoritaires. Et voilà qu’ils entraînent derrière eux une masse de jeunes qui désertent les cours, se réunissent en assemblées, débattent passionnément dans des forums improvisés et prennent possession du quartier latin.

Le général De Gaulle parle alors de chienlit

Lorsque le pouvoir comprend son erreur et prône le dialogue il est trop tard. Le gaullisme se trouve face à un mouvement d’un nouveau type qu’il ne comprend pas. Le général De Gaulle parle alors de chienlit, un peu à l’image de Louis XVI qui, face à la prise de la Bastille en 1789, avait demandé si c’était une révolte. Et qui s’était entendu répondre : " Non sire, c’est une révolution ! "

 

 

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