Mafia: arrestation de trois femmes tirant les ficelles d'un clan de la Camorra

Mafia: arrestation de trois femmes tirant les ficelles d'un clan de la Camorra
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Mafia: arrestation de trois femmes tirant les ficelles d'un clan de la Camorra - © FILIPPO MONTEFORTE - AFP

La police italienne a annoncé jeudi l'arrestation de deux filles et de la belle-fille d'un dirigeant historique du clan des "Casalesi", le plus puissant de la mafia napolitaine, soupçonnées d'avoir transmis les ordres du chef emprisonné.

Elles sont accusées "d'association de malfaiteurs de type mafieux et extorsions" commises selon la méthodologie de la camorra, la mafia napolitaine, selon la police.

Les deux filles du dirigeant Francesco Bidognetti, âgées de 35 et 27 ans, ainsi qu'une belle-fille d'une quarantaine d'années, ne se seraient pas limitées à transmettre les ordres du boss, mais auraient joué un rôle de premier plan, s'occupant de la distribution des ressources aux affiliés ou encore de l'assistance économique de personnes emprisonnées, selon la même source.

Les arrestations ont eu lieu dans plusieurs communes, dont Casal di Principe (province de Caserte), fief des Casalesi, célèbre cartel criminel qui a fait au moins 1000 morts en 30 ans.

Gomorra

Les Bidognetti constituent une faction du clan des Casalesi. Francesco Bidognetti est considéré comme l'ex-bras droit du chef du clan Francesco "Sandokan" Schiavone, incarcéré depuis 1998 et immortalisé dans le livre-enquête "Gomorra" de l'écrivain Roberto Saviano.

Ces mafieux ont été condamnés pour leur implication dans une série de violents règlements de compte dans les années 80 et 90 entre clans pour le contrôle de Casal di Principe et de nombreuses activités illégales (chantiers de construction, commerce de ciment, extorsions).

Francesco Bidognetti a en outre été condamné pour l'enterrement de tonnes de déchets hautement toxiques, dans la région de Naples.

"Nous avons découvert que les Casalesi se sont tournés, à l'instar des gangs mafieux napolitains, vers d'autres secteurs, non seulement le racket de travaux publics mais aussi la drogue et le contrôle des places de vente de stupéfiants", a indiqué jeudi devant la presse le procureur adjoint Giuseppe Borrelli.

En janvier 2010, la cour de Cassation italienne avait confirmé la condamnation à perpétuité de 16 membres du clan des Casalesi, dont Francesco Bidognetti et Francesco Schiavone.

Roberto Saviano, sous haute protection policière, décrit les Casalesi comme "une confédération" de familles mafieuses formée "de chefs d'entreprise violents, de managers assassins, de bâtisseurs et de propriétaires terriens, chacun disposant de sa propre bande armée et tous liés par des intérêts économiques dans la plupart des secteurs".

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