Macédoine, les trains pris d'assaut par les migrants

Chaque jour depuis quelques mois, la gare de la petite ville de Guevgueliya, dans le sud de la Macédoine, est littéralement prise d'assaut par des centaines de migrants. Syriens, Iraniens, Afghans, tous n'ont qu'un seul but, parvenir à prendre place dans l'un des trains qui empruntent la voie ferrée Thessalonique-Belgrade.

Par la porte ou par la fenêtre

8 images
Macédoine, les trains pris d'assaut par les migrants © DIMITAR DILKOFF - AFP
Macédoine, les trains pris d'assaut par les migrants © DIMITAR DILKOFF - AFP

Pour y parvenir, tous les moyens sont bons, donnant lieu à de véritables scènes d'abordage. Et souvent la loi du plus fort l'emporte. Ça pousse, ça hurle, ça se bouscule, les migrants usent et abusent de leur force pour cet assaut en règle. Les autorités macédoniennes ont bien tenté de faire appel aux forces de l'ordre pour tenter de réguler ce chaos, mais rien n'y fait.

Car pour ces milliers de migrants, monter dans un de ces trains vers la Serbie signifie se rapprocher un peu plus encore de la Hongrie toute proche, premier pays membre de cette Union européenne, véritable Eldorado dans leurs esprits. D'autant plus que les autorités macédoniennes leur ont fourni des visas de transit d'une durée de trois jours, afin qu'ils ne restent pas trop longtemps en Macédoine.

Moins dangereux et moins cher que la Méditerranée

8 images
Macédoine, les trains pris d'assaut par les migrants © DIMITAR DILKOFF - AFP
Macédoine, les trains pris d'assaut par les migrants © DIMITAR DILKOFF - AFP
Macédoine, les trains pris d'assaut par les migrants © DIMITAR DILKOFF - AFP

De plus en plus populaire auprès de ceux qui cherchent à obtenir l'asile en Europe, cette route qui passe par la Macédoine a l'avantage d'éviter aux migrants la périlleuse traversée de la Méditerranée en bateau de fortune facturé au prix fort. Mais il faut s'armer de patience. car les trains ne sont pas nombreux et les conditions d'attente souvent dantesques sous le soleil de plomb macédonien. À l'intérieur de la petite gare la situation n'est pas meilleure, la promiscuité règne et l'empressement à rejoindre la Serbie fait bien souvent oublier toute règle élémentaire de savoir-vivre.

Car depuis quelques mois c'est un véritable contre-la-montre auquel se livrent les migrants désireux de rejoindre la Hongrie. La décision par le gouvernement de Viktor Orban de dresser une clôture de barbelés le long de sa frontière avec la Serbie risque bien de sonner le glas des espérances pour beaucoup.

Personne ne songe à s’arrêter en Macédoine pour y demander l’asile

Dans cette atmosphère étouffante, pas étonnant que les esprits s'échauffent longtemps avant même l'arrivée du train. Car pur avoir une place de choix sur les quais, certains n'hésitent pas à y passer la nuit. D'autres, souvent plus jeunes et athlétiques, préfèrent s'abriter en-dessous de wagons abandonnés et tenter l'assaut de dernière minute, notamment par les fenêtres. Il n'est pas rare non plus de voir certaines personnes se jeter littéralement devant le train avec leurs enfants dans les bras afin de susciter la pitié.

Chaque jour, ce spectacle recommence, sous le regard des autorités macédoniennes. Et une fois rempli à craquer, le train reprend sa route laissant sur le quai des centaines de déçus, contraints de demeurer quelques heures de plus dans ce nouveau purgatoire vers l'Union européenne qu'est la Macédoine. Jusqu'au prochain convoi.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK