Lutte contre les drogues à Anvers : où en est l'opération "ronde de nuit" qui a débuté ce week-end ?

Lutte contre les drogues à Anvers : où en est l’opération "ronde de nuit" qui a débuté ce week-end ?
Lutte contre les drogues à Anvers : où en est l’opération "ronde de nuit" qui a débuté ce week-end ? - © Tous droits réservés

La semaine dernière, le bourgmestre d’Anvers annonçait en grande pompe la plus "grande action de sécurité de ces 20 dernières années". Objectif ? Lutter contre le trafic de drogue à Anvers, plaque tournante du commerce de cocaïne en Europe.

Depuis 2017, 66 attaques à la grenade ou tirs probablement liés à des règlements de compte dans le milieu des stupéfiants ont été recensés à Anvers. Ces faits entraînent rarement des blessés. Il s’agit souvent de manœuvres d’intimidation ou d’une façon d’attirer l’attention de la police sur des bandes rivales. La semaine dernière, une nouvelle grenade a par exemple été découverte dans le district anversois de Deurne alors qu'une fusillade a eu lieu dans le même quartier la veille. Le bourgmestre d’Anvers n’a pas souhaité commenter les incidents.


►►► À lire aussi : Les grenades continuent d’exploser à Anvers, la faute à la mafia de la drogue ?


Une semaine après les faits, Bart De Wever et le commissaire en chef Serge Muyters ont annoncé le lancement de l’opération de sécurité "Nachtwacht" (Ronde de nuit). Pendant les nuits de vendredi et samedi derniers, au moins 50 policiers supplémentaires ont patrouillé de nuit notamment dans les quartiers Borgerhout et Deurne (nord-est de la ville). Des patrouilles à moto et avec voiture blindée "Bearcat". La police a également bouclé certaines rues et arrêté des voitures pour des contrôles d’identité.

Dans la presse, on savait que ces opérations commençaient à 23 heures. Pied de nez vis-à-vis des forces de l’ordre, un clan de la drogue a tiré deux balles dans une porte de garage à Deurne à 22 heures. Soit, une heure avant le début de la deuxième journée de la "Nachtwacht". Il s’agit probablement une action de représailles entre différents cartels de drogue. "Ils s’adaptent, nous nous adapterons aussi", a réagi Bart De Wever sur le plateau de télévision des chaînes flamandes.

Stroomplan : peut mieux faire

Lors de la campagne pour les élections communales de 2012, Bart De Wever avait fait de la "War on drugs" son cheval de bataille. Huit ans après, le bourgmestre met en avant les efforts fournis dans sa ville dans la lutte contre le trafic de drogue. "La première année où j’ai été bourgmestre, 4700 kilos de cocaïne ont été saisis, l’an passé c’était 61.000 kilos", a-t-il souligné.

Pourtant, le problème du commerce de la drogue à Anvers est loin d’être résolu. Il est par ailleurs difficile de résoudre le problème à la seule échelle communale. C’est la raison pour laquelle le plan fédéral "stroomplan" a été mis en place sous la législature précédente. Dans une étude commandée par la ville, des chercheurs de l’université de Gand ont jugé positivement ce plan, mais déplorent entre autres le manque de capacité pour réellement pouvoir agir de manière efficace.

Cette "ronde de nuit" débutée vendredi soir ne se limite pas seulement à ce week-end. La présence de la police sera renforcée dans les rues la nuit pour une durée indéterminée. Il faudra encore attendre avant de pouvoir juger l’effet de ces actions.

Archives : Journal télévisé 02/09/2019

En septembre 2019, le quartier de Borgerout était la cible d'un jet de grenade. En trois ans, Anvers avait déjà connu plus de 60 faits violents liés au trafic de stupéfiants.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK