Lutte contre cancer: l'immunothérapie fait ses preuves, mais reste chère (témoignages)

Lutte contre cancer: l'immunothérapie fait ses preuves, mais reste cher (témoignages)
Lutte contre cancer: l'immunothérapie fait ses preuves, mais reste cher (témoignages) - © GOVERNMENT PHARMACEUTICAL ORGANIZATION - BELGAIMAGE

Chaque année, 65 000 cas de cancers sont diagnostiqués, et ce chiffre devrait encore augmenter dans les années à venir. Mais la lutte contre le cancer s'offre, depuis peu, une nouvelle arme : l'immunothérapie. Cette technique cherche à réveiller le système immunitaire pour que le corps combatte lui-même ses cellules cancéreuses. Elle vise pour l'instant certains cancers. Les spécialistes parlent même de révolution. Mais cette technique coûte cher, très cher.

Luc (nom d'emprunt) est un patient atteint d'un cancer de la peau qui a pu bénéficier de cette nouvelle thérapie. Aujourd'hui, l'homme est en rémission : "Il y a des médecins qui me disent : 'Vous êtes un survivant'", explique-t-il. 

Il y a 11 ans, on lui diagnostique un mélanome. La chirurgie n'empêche pas les récidives. On lui propose, il y a 4 ans, un nouveau traitement dans le cadre d'études cliniques. Pas de chimio, mais de l'immunothérapie : des médicaments qui vont booster ses défenses immunitaires. "Je me suis dit : 'De toute façon si je ne fais rien, je vais mourir un de ces quatre. Si je fais quelque chose, peut-être que cela va servir à quelque chose'". L'homme survit, et malgré son traitement travaille à temps plein avec une qualité de vie plus que correcte.

"Ça c’est quelque chose qu’on ne voyait pas avant que l’on ait cette nouvelle médication", affirme le professeur Jean-François Baurain, chercheur en immunothérapie et nouvelles thérapies aux Cliniques universitaires Saint-Luc de Bruxelles (UCL). "Singulièrement dans le mélanome métastatique, au siècle passé, la moitié des patients mouraient déjà après six mois et maintenant, un patient sur six est probablement guéri", poursuit-il.

Le mélanome c'est le premier type de cancer sur lequel ont porté des essais cliniques en matière d'immunothérapie. Mais d'autres cancers sont à l'étude. Le problème reste l'accès à ces traitements comme l'explique le professeur Martine Piccart, professeur en Oncologie à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et chef de service du département de médecine à l’Institut Jules Bordet : "On tourne en moyenne entre 9000 et 10 000 euros par mois. Une des pistes possibles, qui a déjà été adoptée dans certains pays européens, c’est le remboursement en fonction de la performance".

Une réflexion en profondeur doit donc s'engager au sein de l'industrie pharmaceutique et au niveau des pouvoirs publics. Sur ce dernier point, une table ronde s'est justement tenue, ce jeudi, au parlement fédéral pour faire le point sur la question. Une exposition sur l'immunothérapie s'y tient d'ailleurs jusqu'au 17 juillet. Elle s'intitule : "Combattre le cancer dans une autre dimension".

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