Lutte anti-dopage: les sportifs du dimanche également visés

Le dopage, pas qu'une affaire de pros.
Le dopage, pas qu'une affaire de pros. - © MIGUEL MEDINA - AFP

C’est méconnu, mais la lutte contre le dopage ne concerne pas que les riches champions et les pros les plus affûtés, que les vedettes du championnat de foot ou nos meilleurs athlètes Les sportifs amateurs, inscrits dans un club ou enregistrés auprès d’une fédération, sont également susceptibles d’être contrôlés.

En 2015, près de 1300 contrôles ont été réalisés en Wallonie et à Bruxelles. Et comme d’habitude, la proportion 70% d’élites / 30% d’amateurs a été respectée. Pour des résultats plutôt rassurants: 15 cas positifs seulement.

Les sanctions sont les mêmes, que l'on soit amateur ou professionnel

"Mais chaque année, des cas positifs sont aussi détectés dans le milieu amateur. J’ai déjà vu des gens qui  'brillaient la nuit' tellement ils avaient consommé de produits proscrits, alors que l’objectif était de remporter une coupe en plastique", explique sur le ton de l’humour le docteur Anne Daloze, directrice de la cellule de lutte contre le dopage du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Les sanctions encourues sont pourtant les mêmes, qu’il s’agisse d’un professionnel ou d’un amateur".

On engage

Cette cellule de lutte contre le dopage recrute en ce moment, suite à une série de départs et de fins de mandats. 8 médecins sont recherchés, mais aussi 33 "chaperons". Il s’agit de bénévoles chargés de suivre le sportif contrôlé, du début à la fin du processus de contrôle. Une fonction indispensable pour éviter toute tentative de fraude.

Pierre Ducene est en quelque sorte le chaperon-type, passionné et pensionné, donc disponible. "A partir du moment où on a averti le sportif qu’il allait faire l’objet d’un contrôle anti-dopage, je ne peux pas le quitter, de sa sortie du terrain par exemple jusqu’à sa prise en charge par le médecin. Qu’il ait besoin d’un massage ou d’aller chercher un document d’identité dans sa voiture, je le suis comme son ombre. S’il doit prendre sa douche, je prends ma douche avec lui", explique-t-il également au second degré.

Pierre Ducenne et ses collègues bénévoles sont appelés sur tous les terrains. "Nous sommes amenés à chaperonner des professionnels et des amateurs, des hommes et des femmes, des jeunes et des plus vieux. Nous sommes aussi là pour leur faire comprendre l’utilité de ce contrôle, les rassurer et les soutenir. Il y a donc aussi un rôle éducatif".

La Fédération Wallonie-Bruxelles cherche 33 nouveaux chaperons. Ils ne seront pas attirés par les indemnités financières, assez symboliques. Mais plutôt par l'envie de faire partie de l'envers du décor.