Louer un animal sauvage: une pratique aussi réelle qu'illégale

Louer un bébé lion pour une soirée d'anniversaire ou juste pour faire quelques photos ? C'est possible. Fin septembre, un jeune rappeur torse nu posait aux côtés d'un lionceau et postait les photos sur la toile avant d'être arrêté par les policiers quelques semaines plus tard pour "détention d'espèce animale non domestique protégée". 

Bien qu'elle puisse sembler folle, cette histoire n'a rien d'exceptionnelle puisqu'une quinzaine de fauves ont été retrouvés au domicile de particuliers ces cinq dernières années en France. L'occasion pour le média français Franceinfo de mener l'enquête.

Louer un animal sauvage: mission compliquée? 

Premier constat : il ne faut pas traverser le globe pour louer un lionceau ou un tigreau. Cette pratique est même assez rare étant donné les coûts et contraintes de voyage trop importants. Du coup, beaucoup de personnes friandes d'apporter un peu de prestige à leurs soirées se tournent vers les cirques. 

Franceinfo s'est rendu dans plusieurs cirques français muni d'une caméra cachée afin de questionner les forains. Si certains sont catégoriques sur le fait de ne pas pratiquer ce genre de commerce, d'autres proposent aisément de louer leurs fauves en échange d'une contrepartie monétaire. Pour deux heures en compagnie d'un animal comptez 1.500 euros à payer en cash "pour ne pas ajouter de TVA" bien sûr. Si le lionceau n'est pas suffisamment original, certains mettent également leurs zèbres ou leurs singes à disposition. 

Par contre, lorsqu'il est question de vendre leurs animaux, le son de cloche est différent. Les forains sont catégoriques "on ne vend pas aux particuliers". Et, histoire d'éviter tout vol, les animaux sont pucés et suivis.

Pratique légale?

En Belgique, les animaux sauvages sont interdits dans les cirques depuis 2013. Seules certaines espèces sont autorisées telles que : les bovins, buffles, porcs, lamas, dromadaires, oies, gallinacés, perroquets, perruches, chevaux, ânes et poneys, moutons et chèvres.

Aussi, la réglementation sur le bien-être animal dresse une liste des animaux qui peuvent être détenus par des particuliers en Belgique. Celle-ci a été érigée par des professionnels de la protection animale et se base sur une série de critères notamment les besoins spécifiques des bêtes ou leur dangerosité.

Les mammifères ne figurant pas sur cette liste ne peuvent être détenus que par certains organismes spécifiques tels que les laboratoires, les vétérinaires ou les refuges. Evidemment et sans surprise, les lions, tigres et autres animaux sauvages ne figurent pas parmi les bêtes qu'il est possible de posséder chez soi.

Difficile à caser

Si la mauvaise idée de louer un animal sauvage venait quand même à germer dans la tête de certains, celui-ce serait récupéré par les autorités une fois que la location aurait été constatée (un lionceau n'est pas facile à cacher dans un studio 2 pièces). Une fois saisi, il reste à le recaser quelque part. "On ne peut pas les remettre dans la nature parce que la réadaptation est très difficile, ils n’ont pas les codes", explique Eric Hansen, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage à Franceinfo. Souvent, les zoos n'en veulent pas non plus. Les animaux sont donc placés dans des espaces spécialisés comme des associations.

Conclusion : même si une photo avec un petit lion ferait plus le buzz sur Instagram, louer un animal sauvage est tout bonnement illégal et dangereux (pour l'animal et l'humain). Il ne reste qu'à choisir dans la liste des animaux autorisés et prendre la pose à côté d'un chinchilla ou d'un bouquetin.

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