Lors de sa dernière messe, Benoît XVI dénonce "l'hypocrisie religieuse"

Le pape Benoît XVI lors de sa dernière grande messe, le 13 février 2013 dans la basilique Saint Pierre de Rome
2 images
Le pape Benoît XVI lors de sa dernière grande messe, le 13 février 2013 dans la basilique Saint Pierre de Rome - © Gabriel Bouys

Le pape Benoît XVI, qui a annoncé sa démission pour la fin du mois de février, a dénoncé mercredi, au cours de la dernière grande messe de son pontificat célébrée en la basilique Saint Pierre, "l'hypocrisie religieuse" et "les attitudes qui recherchent les applaudissements et l'approbation".

Vêtu d'un chasuble violette, à l'occasion du Mercredi des cendres, le pape semblait fatigué et amaigri, quand il est apparu sur une estrade roulante dans la basilique Saint-Pierre, alors que les cardinaux et évêques chantaient "Ora pro Nobis"("Priez pour nous"). "La qualité et la vérité du rapport avec Dieu est ce qui certifie l'authenticité de tout geste religieux", a-t-il dit, avant de dénoncer "l'hypocrisie religieuse, le comportement de ceux qui veulent paraître, les attitudes qui recherchent les applaudissements et l'approbation".

Lors de ce qui restera sa dernière messe dans la basilique Saint-Pierre, à l'occasion du Mercredi des cendres, début du Carême, le pape allemand, âgé de 85 ans, a déploré que "le visage de l'Eglise (soit) parfois défiguré". "Je pense notamment aux coups portés à l'unité de l'Eglise, aux divisions du corps ecclésial", a-t-il dit en présence de nombreux cardinaux.

La cérémonie était retransmise sur des écrans géants sur la place Saint-Pierre, devant lesquels quelques centaines personnes s'étaient rassemblées dans le froid. Beaucoup de cardinaux et évêques avaient les larmes aux yeux à la fin de la cérémonie.

"La tristesse voile mon coeur", a déclaré le secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, en lisant un message adressé au pape au nom de tous les cardinaux. Il l'a remercié d'"avoir donné un exemple lumineux de simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur".

"J'ai senti quasi physiquement la force de cette prière"

Très ému, le cardinal Bertone a retiré sa barette (calotte rouge) et embrassé les mains du pape, déclenchant une longue ovation de l'assistance à laquelle le pape allemand, peu enclin aux effusions, a mis fin par quelques mots : "Retournons à la prière".

Le matin, dans la grande salle Paul VI comble à l'occasion de l'audience hebdomadaire, le pape a invité le milliard de catholiques à prier pour "lui, l'Eglise et le futur pape" qui sera élu lors d'un prochain conclave, prévu "pas avant le 15 mars", selon le Vatican.

Sans modifier d'un pouce un rituel immuable et solennel, il a montré à plusieurs signes, notamment un air profondément pensif, assis dans son fauteuil blanc, que ce n'était pas une audience comme les autres.

La foule l'a interrompu à plusieurs reprises, en scandant "Benedetto, Benedetto" (son nom en italien) et longuement applaudi, quand il a répété avoir décidé de "renoncer (à sa fonction) en pleine liberté pour le bien de l'Eglise", estimant n'avoir "plus la force requise".

"Merci pour votre sympathie (...) pour l'amour et la prière qui m'ont accompagnés en ces jours pas faciles. J'ai senti quasi physiquement la force de cette prière", a-t-il dit.

Il a encore une fois dénoncé l'avortement, l'euthanasie et la crise du mariage traditionnel, "épreuves qui touchent la vie personnelle et sociale" du chrétien.

Pendant ce temps, les spéculations continuaient sur les "papabili" au futur conclave qui se tiendra avant Pâques et qui pourrait commencer le 15, le 16, le 17 ou le 18 février.

"Un pape africain ? Que la volonté de Dieu soit faite. L'Eglise a des fidèles partout", a commenté sobrement l'un d'eux, le cardinal ghanéen, Peter Turkson, dans un journal italien.

Et le geste historique de Joseph Ratzinger continue d'étonner. Selon les médias italiens, le cardinal Bertone et le secrétaire particulier du pape, Georg Gänswein, ont été informés de sa décision il y a seulement quinze jours.

AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK