Livraisons, reports de loyers… Les restaurateurs tentent de survivre pour mieux rouvrir

Trois restaurateurs face à la crise du Coronavirus
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Trois restaurateurs face à la crise du Coronavirus - © Tous droits réservés

Depuis presque un mois, les restaurants ont dû fermer leurs portes. Des pertes terribles pour le secteur qui tente de survivre à cette crise. D’autant que, pour certains, l’année avait bien commencé.

"Janvier, février et début mars ont été de très bons mois", confirme Dany Lombart, chef du restaurant gastronomique Le Val d’Heure, à Montigny-le-Tilleul.

Et la période qui arrive est généralement très attendue. "Il y a les vacances de Pâques, les week-ends de Pâques, ce sont généralement de bons week-ends, poursuit le restaurateur. Le mois prochain, il y a la fête des mères qui est un des gros week-ends de l’année pour les restaurateurs. Si on ne le fait pas, ça va être un très, très gros manque à gagner."

Le printemps, une période également attendue par le directeur du Tadao Poke Bar, un restaurant qui propose des poke bowls, un plat traditionnel de la cuisine hawaïenne. "Pour nous, c’est la bonne saison, regrette Cédric Barbier. On dit que les restaurants vont rouvrir tard. Si on rouvre pendant la mauvaise saison, c’est dommage pour nous."

La livraison pour poursuivre l’activité

Face à la crise du coronavirus, chacun tente de trouver ses solutions. Cédric Barbier a décidé de rester ouvert et de proposer de la vente à emporter et des livraisons. "On s’est inscrit sur les plateformes de livraisons au lendemain de l’annonce du confinement, indique le responsable du restaurant de poke bowls. Peu de gens se déplacent encore, les rues sont désertes."

Les livraisons, ce sont elles qui, aujourd’hui, permettent au restaurateur de payer la plupart des frais, malgré les 30% du prix prélevés par les plateformes. "Ça permet de survivre. Ça donne du chiffre, mais pas de bénéfice", poursuit Cédric Barbier.

Des tests culinaires pour s’occuper

Le chef du restaurant deux étoiles Bon-Bon, Christophe Hardiquest, n’échappe pas non plus à cette situation compliquée. Ses vingt-six employés sont actuellement au chômage technique.

Lui n’arrive pas à rester inactif alors il passe trois à cinq heures par jour, cinq jours par semaine, dans la cuisine de son restaurant. "Disposer d’autant de temps me permet de réfléchir et de me concentrer sur des choses nouvelles", confie le restaurateur.

Ce jour-là, il teste une tarte aux poireaux, à la moutarde et au Comté. "C’est pour mon nouveau menu végétarien, à la rentrée quand on pourra retravailler", détaille le chef étoilé. Dans l’un de ses fours, c’est un cochon de lait qui cuit depuis deux heures. Une recette qu’il aimerait proposer dans sa future carte. "J’essaie d’exploiter ce temps que je n’ai jamais eu pendant 25 ans", explique Christophe Hardiquest.

Des demandes de reports pour tous

Des tests culinaires, Dany Lombart en a fait quelques jours au début du confinement, mais il est vite tombé à court de produits. Aujourd’hui, il garde l’argent qu’il lui reste pour payer les fournitures lors de la réouverture de son restaurant carolo.

Chaque mois, ce restaurateur a plus de 12.000 euros de frais à payer. Pour l’instant, il se concentre sur les reports de factures. "J’ai eu des reports de la part de ma propriétaire, de la société d’électricité avec laquelle je travaille et des fournisseurs. Ils se rendent compte que c’est compliqué", explique le chef du restaurant Le Val d’Heure.

Au total, il a demandé une dizaine de reports. Il en demandera encore certainement, car des factures continuent à arriver. Dany Lombart espère payer en partie ses fournisseurs dans les prochaines semaines lorsqu’il recevra l’aide promise par le gouvernement wallon aux indépendants.

Des reports, Cédric Barbier, responsable du Poke Bar en a également demandé. Aujourd’hui, il ne fait que 40% du chiffre d’affaires habituel. Face à cette situation financière complexe, il a demandé un report des lois sociales et une réduction du loyer à son propriétaire.

"J’ai demandé à mon propriétaire de diminuer le loyer et de payer en fonction du chiffre d’affaires", explique-t-il. Même écho du côté du chef Christophe Hardiquest. "J’ai demandé un report de crédit et de lois sociales", confie-t-il.

A quoi ressemblera l’après-coronavirus ?

Outre l’aspect financier, le coronavirus modifie le quotidien des restaurateurs et probablement aussi leur futur. "Je pense que, à l’avenir, on devra peut-être espacer les tables. Ça veut dire moins de monde dans les restaurants et probablement des pertes d’emploi", regrette Dany Lombart.

Pour le chef étoilé, Christophe Hardiquest, "il y aura un après coronavirus. Je pense que ça va être très compliqué, mais à nous d’être créatif", conclut-il. Tous ont en tout cas l’envie de retourner aux fourneaux, ils attendent avec impatience la fin de ce confinement et la reprise totale de leurs activités.

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