Le Prix Première décerné à Mahir Guven pour son premier roman "Grand frère"

Le 12ème Prix Première a été décerné ce jeudi à Mahir Guven, pour son premier roman "Grand frère" publié aux éditions Philippe Rey. Mahir Guven est né sans nationalité en 1986, de père kurde et de mère turque réfugiés en France. Il a suivi des études de droit et d’économie, et après une expérience dans le monde du conseil, il a rejoint l’équipe de l’hebdomadaire "Le 1", dont il est le directeur-délégué.

"Grand frère" est son premier roman, il a été choisi par 6 personnes sur les 9 que compte le jury (constitué par des auditeurs de La Première).

Nous sommes en France, dans la banlieue parisienne. Deux jeunes, issus de l’immigration syrienne vivent avec leur père, chauffeur de taxi. Il a perdu sa femme depuis quelques années, et ne s’est jamais remarié depuis. "Le daron", c’est comme ça que l’appellent ses fils, n’a qu’un but, donner à ses enfants la possibilité de réussir dans ce pays, leur permettre de "se fondre dans la société", et de trouver un travail honnête, qui les rende autonomes.

"Grand frère", l’aîné, travaille maintenant dans la concurrence, il est chauffeur de VTC : les taxis Uber. Il n’a jamais aimé les études, et ne veut pas être exploité comme l’est son père. Il roule dix heures par jour, s’arrête souvent pour se rouler un petit pétard ou partager la nuit avec une femme sans attaches. Mais "Petit frère" lui, a d’autres ambitions. Il s’intéresse à tout, veut se rendre utile. Il est devenu infirmier dans un hôpital, il aide les chirurgiens dans des opérations délicates, celles de greffes, notamment. Mais il a très bien compris que dans ce monde médical français, lui, fils d’immigré n’aurait jamais sa place comme médecin attitré. Son désir est donc de partir. Partir "au bled". En Syrie. Soulager tous les blessés, les enfants, aider la population en proie aux bombardements, à la guerre quotidienne.

Grâce à des contacts avec un chirurgien turc, il se fait engager en grand secret par une ONG "Islam & Peace". Il part sans prévenir ni son père ni son frère. Son départ est vécu comme un tsunami par ses proches. Personne ne sait où il est. Le père est effondré, Grand Frère fulmine. Les semaines passent, des longs mois passent. Jusqu’au jour où un soir, il sonne chez son frère.

Que s’est-il passé depuis son départ ? Qu’a-t-il vécu, en Syrie ? Dans ce récit à deux voix, Mahir Guven nous plonge dans l’univers de ceux qui sont partis faire le djihad, et dans leurs difficultés à rentrer en France. Un roman dur, violent, mais où le lien familial donne un sens aux plus désaxés.

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