Linkebeek : les facilités au quotidien

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Comment ça se passe, au quotidien, la vie dans les communes à facilités ? Les francophones qui y habitent ont-ils un traitement différent de ceux qui vivent à Bruxelles? Exemple avec Linkebeek.

A première vue, rien ne distingue les deux maisons sur la photo ci-dessus. Elles sont situées dans la même rue, elles datent de la même époque et semblent soeurs presque jumelles.Pourtant, il y a une différence de taille : celle de gauche est sur le sol de la région de Bruxelles, celle de droite est en Flandre.

Nous sommes à la limite entre Uccle et Linkebeek. une limite invisible mais bien réelle. A Linkebeek, une fois par mois, lors des conseils communaux, des manifestants flamingants viennent crier leur haine des francophones. A tel point que, même si la grande majorité des habitants de la commune parle français, certains commerçants préfèrent donner à leur commerce des noms en langues étrangères. Voire, carrément, arborent une enseigne en... latin.

Pourtant, en ce début d'automne, il faut chercher loin les signes de tension : de ci, de là, des plaques de rue dont l'inscription en français disparaît sous une couche de peinture noire. Seul petit inconvénient pour les habitants francophones : les contacts avec l'administration régionale ou provinciale ne sont pas toujours très simples. Parfois, pour obtenir certains documents en français, ils se heurtent à une certaine mauvaise volonté des fonctionnaires. Et puis, il y a la circulaire Peeters, qui fait que, par exemple, convocations électorales et documents du cadastre arrivent en néerlandais. Et, chaque fois, ils doivent faire une demande pour la recevoir en français. De même, certains actes officiels, comme les déclarations de succession, ne peuvent être enregistrés qu'en néerlandais.

Ces contraintes, même si elles ne font pas fuir les candidats acheteurs francophones, les inquiètent un peu: il n'est pas rare que, lorsqu'il fait visiter des biens à Linkebeek, un agent immobilier doive répondre à la question : "Oui mais, qu'est-ce qui se passerait si les facilités étaient supprimées?"

Pourtant, malgré ces inquiétudes, la vie à Linkebeek se déroule aujourd'hui plutôt sans souci majeur. Et, pour le cas où francophones et flamands auraient du mal à bien s'entendre, un commerçant de la place communale a la solution: il vend des appareils auditifs.

 

 

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