Lieu insolite: l'arbre à clous de Herchies

Lieu insolite : l'arbre à clous de Herchies
Lieu insolite : l'arbre à clous de Herchies - © rtbf

Il existe en Wallonie, des arbres aux vertus très particulières. Parmi ceux-ci il y a le chêne à clous, véritable lieu de pèlerinage à Herchies dans le Hainaut. Selon certaines croyances, il permettrait de guérir certaines infections.

Planté au bout d'un sentier dans un champ, l’arbre à clous attire depuis des siècles, de nombreux pèlerins qui viennent déposer ou insérer des offrandes bien particulières dans les creux de son écorce.  "On y trouve des choses bizarres comme des pansements ou des chaussettes. Pour se soigner, les gens viennent attacher à l’aide de clous, le linge avec lequel ils ont soigné des boutons qui suppurent", explique un passionné d’histoire de la région, Guy Brunin. 

Pour les anciens, les arbres revêtaient un caractère sacré. Grâce à leurs puissantes racines, leur port majestueux et leur longévité, ils les croyaient capables de soigner tous les maux. Ce rituel d’origine païenne date du moyen âge. Il s'est christianisé au cours du XIXème siècle, lorsqu'une chapelle dédiée à Saint Antoine fut construite au pied du chêne. Aujourd'hui encore, certains viennent toujours discrètement déposer des offrandes ou des prières, ou encore planter un chiffon souillé.

Les avis des villageois sont partagés

Un villageois raconte que lorsqu’il était jeune et qu’il faisait de la compétition cycliste, il souffrait de "boutons de scelle", c'est-à-dire le mal du vélo. "Je suis alors allé au chêne à clous et je n’ai plus jamais rien eu, même par après", témoigne-t-il.  Une autre villageoise plus jeune est nettement plus sceptique : "si on y croit pourquoi pas".

Quoi qu’il en soit, personne n'osera s'en prendre au fameux chêne à clous. Une légende raconte qu'au XIXème siècle, un fermier gêné par les allées et venues des pèlerins avait décidé d'abattre l'arbre. "Mais il attrapait des clous à chaque cognée. Il a donc été contraint de rentrer chez lui et il est resté quinze jours au lit parce qu’il ne pouvait plus s’assoir", raconte Guy Brunin, amusé.

Aujourd’hui, l’arbre est classé depuis 1985. Lorsqu’il mourra, une jeune pousse le remplacera pour perpétuer la tradition.

I.L. avec J. Meert

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir

L'actualité en images