Six mois après, la tuerie de Liège fait encore une victime

La photo de Nathan Mehdi lors de la cérémonie du 20 décembre 2011, une semaine après la tuerie de Liège
La photo de Nathan Mehdi lors de la cérémonie du 20 décembre 2011, une semaine après la tuerie de Liège - © AFP PHOTO/ JOHN THYS

La maman de Mehdi Nathan s'est donné la mort samedi. Elle ne supportait pas la mort de son fils, victime de la tuerie de Liège, il y a près de 6 mois. Ce suicide rappelle que les blessures laissées par la tragédie ne sont pas refermées.

Mehdi Nathan avait 15 ans et attendait son bus place Saint-Lambert à Liège ce 13 décembre 2011 quand, à midi pile, les balles de Nordine Amrani l'ont tué.

Depuis sa maman, Linda Pottier, ne s'en était jamais remise. Elle était suivie psychologiquement depuis une tentative de suicide non aboutie en janvier. Samedi après-midi, elle a mis fin à ses jours à Rocourt.

Des blessures toujours vives

Dans Sudpresse, le papa de Mehdi Nathan témoigne: "C'était trop dur pour elle, la souffrance et la solitude étaient terribles. C'était très difficile à vivre. Après sa première tentative en janvier, Linda avait dit qu'elle repasserait à l'acte".

Mohamed Belhadj explique aussi le désarroi des proches des victimes: "On a tous pris un avocat, pour essayer de faire bouger les choses. On veut des réponses, que les choses bougent. Mais il n'y a rien de neuf dans l'enquête. Et du côté de la Ville de Liège, on a l'impression d'être oublié".

Ses proches avaient compris la détresse de Linda Pottier. Mais aujourd'hui, après cette nouvelle perte, ils sont à nouveau ébranlés.

Le suicide n'est pas une fatalité

La perte d'un proche, à plus forte raison d'un enfant, induit une perte de soi fondamentale, explique Emmanuelle Zech, professeur de psychologie clinique et de la santé à l'UCL dans Sudpresse: "Le décès d'un enfant est un grand facteur de suicide (...) Les décès inattendus (homicides, suicide, accident) vont entraîner un deuil plus difficile à gérer qu'une mort naturelle. (...) On perd toute croyance dans un monde sécurisant".

Le suicide est un phénomène complexe dû à plusieurs facteurs: "Ce drame de Liège pose d'autres questions: la justice a-t-elle rempli son rôle? Aurait-on pu éviter la tuerie connaissant le passé du tireur?", s'interroge Emmanuelle Zech.

Le Centre de prévention du suicide offre une réponse à toute question concernant le suicide: outre une écoute téléphonique 24h/24 au 0800 32 123, un forum, des entretiens de crise après une tentative de suicide et un accompagnement au deuil.

RTBF

 

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