Licenciements chez Ryanair : "La compagnie nous met la pression pour baisser notre salaire mais sans garantie de garder notre emploi"

C’est hier soir que la mauvaise nouvelle est tombée pour les travailleurs de Ryanair en Belgique. La compagnie a annoncé à son personnel, qu’elle revoyait à la hausse les licenciements prévus en Belgique parmi le personnel de cabine. Ce ne sont plus 106 emplois qui sont menacés mais bien 200. À cela s’ajoute aussi le licenciement de 66 pilotes de la compagnie, donc 266 travailleurs au total, c’est plus de la moitié de tout le personnel belge de la compagnie.

Une annonce surprise

Cette annonce est un terrible coup dur pour les employés. Nous avons pu obtenir le témoignage de Peter (prénom d’emprunt), employé depuis de nombreuses années par la compagnie. Aujourd’hui, il dénonce le comportement de son employeur : " C’est lors d’une simple réunion d’information, qui a d’habitude pour but de nous informer sur l’organisation dans les mois à venir, que les dirigeants nous ont annoncé que le nombre de licenciements serait beaucoup plus élevé qu’annoncé dans un premier temps. De 106 à 200 pour le personnel de cabine. Personne ne s’attendait à cela. Surtout sans que cette annonce soit faite d’abord aux syndicats. Normalement les syndicats doivent d’abord être mis au courant, tout cela doit se faire dans une procédure bien établie, la procédure Renault. Ce genre de communication devrait être interdite".


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La pression sur le personnel

"Il y a beaucoup d’incertitude et de peur au sein du personnel. Durant la réunion d’hier, on a compris que même en cas d’accord sur une baisse des salaires, la compagnie ne pouvait pas garantir qu’il n’y aurait pas de perte d’emplois. Donc actuellement pour le personnel en Belgique, la situation est celle-ci : Soit les travailleurs abandonnent une partie de leur salaire pour lequel ils se sont battus mais Ryanair ne peut quand même pas garantir qu’il n’y aura pas de perte d’emplois. Soit ils ne font pas de compromis, gardent leur salaire mais sont menacés de perdre leurs emplois. C’est une pression de la compagnie pour nous faire dire non à une partie de notre salaire alors que nous sommes déjà au minimum syndical et nous nous sommes battus pour obtenir ce minimum", nous confie Peter qui ajoute gagner actuellement entre 1800 et 1900 euros net.

"Pas les mêmes droits"

Peter termine en expliquant que Ryanair se démarque des autres compagnies en contournant le droit du travail en Belgique : "Les autres compagnies essaient de s’adapter aux lois belges et au droit du travail en vigueur et lorsqu’il y a un conflit au sein de ces compagnies, leurs directions s’assoient à la table pour discuter avec les syndicats et leurs employés pour trouver un arrangement. Ryanair essaie de contourner toutes les lois. Du coup, nous avons toutes les obligations des travailleurs belges mais pas les mêmes droits".

Suite à ce témoignage, nous avons sollicité une réaction de la compagnie Ryanair, sans succès.

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