Levée du secret professionnel: les travailleurs sociaux entre incompréhension et colère

La levée du secret professionnel pour les travailleurs sociaux est aujourd'hui d'application pour des faits de radicalisme ou de terrorisme. Une circulaire qui fait beaucoup discuter, mais malgré les nombreuses réticences, les assistants sociaux vont devoir s'y soumettre.

Une situation complexe pour Guilhem Lautrec, coordinateur des formations sociales au CPAS de Schaerbeek, car cela risquer de mettre à mal le rôle du travailleur social: "Elle est passée, on va la respecter parce que c'est la loi. Mais c'est une vraie mise en danger des enjeux du travail social. Il faut une relation de confiance pour que le travailleur puisse faire son travail et une des conditions essentielles de l'instauration de cette relation de confiance c'est l'assurance que la personne à qui je vais me confier ne va pas aller répéter tout ce que je vais lui dire, elle ne sera pas suspicieuse." 

Pas nécessaire d'en rajouter une couche

Côté justice, cette loi va permettre aux juges et à la police d'introduire plus de demandes de renseignements auprès des CPAS dans le cadre d'enquêtes en cours, avec moins de refus possibles de la part des travailleurs sociaux. Pour les acteurs de terrain, la circulaire envoyée aux administrations sociales ne va cependant pas déclencher une vague de dénonciations, car dans la pratique, les leviers seront minimes.

"Les deux fédérations de CPAS l'ont dit, la loi était très claire, il y avait déjà la possibilité de lever le secret professionnel pour des cas graves et avérés. Il ne semblait donc pas nécessaire de rajouter une couche à cette loi alors que toutes les soupapes de sécurité étaient déjà en place", ajoute Guilhem Lautrec.

Cette levée de la confidentialité pour les travailleurs sociaux avait suscité de nombreuses actions pour dénoncer la remise en question de leur profession. Votée en mai dernier, les fédérations des CPAS wallonne et bruxelloise n'ont toujours pas exclu de déposer un recours.

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