Les LEZ (zones à basses émissions) sont-elles vraiment efficaces contre le NO2 et les particules fines ?

La nouvelle étude a été commandée par l’Alliance européenne pour la santé publique (EPHA) à un bureau de consultance indépendant, CE Delft.

Elle vient tout juste d’être publiée et elle montre clairement que les zones de basses émissions dans les villes, ces zones qui interdisent la circulation de véhicules trop polluants, permettaient de diminuer de manière drastique les taux de NO2 (le dioxyde d’azote) un polluant dû à la combustion du carburant des véhicules.

A Bruxelles, il est émis à plus de 60% par le trafic routier. Il est responsable de plus de 500 morts prématurés chaque année.

Coût social de la pollution de l’air…

"En octobre 2020, nous avions publié une étude sur le coût social de la pollution de l’air dans 432 villes européennes. Les données datent de 2018-2019, elles sont publiques. L’agence européenne de l’Environnement oblige les pouvoirs locaux à leur remettre chaque année les mesures de leurs capteurs disposés dans leurs villes. Nous avions ainsi pu évaluer les conséquences de ces polluants sur la santé des habitants", nous explique Mattéo Barisione, de l’EPHA.

Et solutions apportées par les pouvoirs locaux

Et de poursuivre : "Dans la nouvelle étude, nous avons focalisé sur les solutions qui peuvent être apportées par ces mêmes pouvoirs locaux pour y remédier, avec un intérêt particulier pour le NO2 et les particules fines.

Et ce sont les zones à basses émissions, les LEZ (Low Emission Zone) et les zones à très basses émissions (Ultra Low Emission Zone) qui sont les plus efficaces pour lutter contre cette pollution."

Emission de dioxyde d’azote dans l’air et la longue liste de risques pour notre santé

Eva Zemmour, coordinatrice de projets au collectif de citoyens pour un air plus sain, "Les chercheurs d’air" insiste, "les risques pour notre santé avec le NO2 sont multiples, affaiblissement des fonctions pulmonaires, asthme, bronchites chroniques, augmentation du risque d’obésité et de diabète. Des études internationales ont même mis en évidence des liens entre Covid-19 et présence de polluants dans l’air. Sur le podium des villes où l’on meurt le plus à cause du NO2, Bruxelles est 8e."

Depuis la mise en place de la LEZ dans la capitale en 2018, l’évolution de ces chiffres serait trop lente. Selon Eva Zemmour, même si on respectait les normes de l’OMS, l’organisation mondiale de la santé, soit 40 microgrammes par mètre cube en moyenne par an, on aurait encore trop de dioxyde d’azote dans l’air.

La LEZ actuelle est largement insuffisante, elle ne prend pas en compte les deux roues et les poids lourds. Il faudrait un calendrier plus ambitieux.

A Londres, la création d’une Zone très basses émissions a permis de diminuer les niveaux de NO2 de 36% en moyenne contre seulement 10% à Bruxelles entre 2018 et 2019

L’utilité de cette étude pour ces citoyens, c’est d’avoir mis côte à côte la manière dont les différentes villes ont mis en œuvre leurs zones basses émissions et on peut déjà comparer. Si on accélère le calendrier, on améliore les résultats. A Paris, la zone zéro émission est programmée pour 2030, c’est 5 ans avant Bruxelles.

Etude intéressante mais des chiffres a prendre tout de même avec une certaine prudence

Reste que si l’étude semble rigoureuse et intéressante pour Philippe Maetz de la Cellule interrégionale pour l’Environnement, "Celine" qui surveille la qualité de l’air chez nous, elle n’aurait rien de surprenant. A Bruxelles Environnement, on ne veut pas faire de commentaires, on estime que c’est prématuré.

Et c’est vrai que les chiffres peuvent parfois être biaisés. Mattéo Barisione l’avoue : "Il arrive que nous ayons des chiffres très différents non pas à cause de la pollution mais à cause de capteurs mal placés ou défectueux. Dans certaines villes d’Europe centrale et Orientale, nous avons trouvé des capteurs au milieu d’un parc, alors que dans d’autres, les capteurs étaient placés au milieu de carrefours très fréquentés, précisément là, où les gens respirent l’air le plus pollué."

Et de se rappeler : "A Bruxelles, nous avons eu des capteurs en panne pendant plusieurs mois. Autrement dit, les chiffres ont parfois pu fausser les études, la qualité de l’air est sans doute de moins bonne qualité que celle qui a été enregistrée officiellement. Voilà pourquoi nos partenaires Les Chercheurs d’air font leurs propres mesures avec des capteurs placés par exemple dans des cours d’école. Cela permet d’affiner les résultats."

 

Archive du 31/12/2019: premier bilan de la zone basse émission de Bruxelles après deux ans

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