Les vols d'œuvres d'art en baisse en Belgique, mais les butins sont plus élevés

La toile de Magritte dérobée en 2009 au Musée Magritte de Jette.
La toile de Magritte dérobée en 2009 au Musée Magritte de Jette. - © MUSEE RENE MAGRITTE MUSEUM - BELGA

On vole de moins en moins d’œuvres d'art en Belgique. Mais la valeur des œuvres dérobées augmente d'année en année. C'est ce qu'explique dans une récente réponse parlementaire écrite le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA). Sur base des données récoltées par la police fédérale et la direction de la lutte contre le crime organisé, on constate que 91 vols ont été enregistrés en 2014 contre 139 en 2013, 196 en 2012 et 206 en 2011.

L'an dernier, sur les 91 vols, 52 ont été commis dans des habitations privées, 18 dans des lieux de culte (églises principalement), cinq dans les musées et 16 dans d'autres lieux. Pour 2015, on apprend déjà que 25 vols ont été enregistrés dans des lieux de culte et 17 dans des musées (statistiques jusqu'au 30 septembre dernier).

Quatre à six fois le butin d'un braquage de bijouterie

Reste que la tendance, on l'a dit, est à la baisse. Avec une remarque. "Depuis 2009, nous constatons une tendance à la baisse des faits de vols d'œuvre d'art, mais la valeur du butin a augmenté de façon spectaculaire", précise Jan Jambon. "Chaque mois sont commis des vols dont le butin excède des centaines de milliers d'euros (la valeur du butin d'un seul vol d’œuvres d'art équivaut à au moins quatre à six vols au bélier dans des bijouteries) et plusieurs vols dépassent le million d'euros en termes de butin."

Cela prouve une chose selon le ministre : "Les auteurs opèrent de plus en plus selon le butin. Nos voisins constatent la même tendance, ce qui tend à indiquer que la criminalité organisée internationale dans le domaine de l'art devient plus active".

Magritte en 2009, Van Buuren en 2013

Rappelons que les vols récents les plus marquants sont notamment, en 2009, celui d'un Magritte au musée éponyme situé à Jette. "L'Olympia" avait été emportée par deux hommes le 24 septembre. Si la toile avait pu être retrouvée, aucun suspect n'a été identifié, malgré la diffusion de deux portraits-robots. L'an dernier, l'enquête avait même été clôturée.

En juillet 2013, des malfrats avaient cette fois ciblé des toiles installées dans le Musée Van Buuren, à Uccle. Il s'agissait des tableaux "La penseuse" du Néerlandais Kees Van Dongen et "Crevettes et coquillages" du Belge James Ensor. D'autres œuvres avaient également été dérobées.

Reste à savoir ce que peuvent faire les malfrats de leur butin. Souvent pas grand-chose estiment les experts à partir du moment où la revente d'une œuvre unique signalée volée devient de plus en plus compliquée.

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