Les voitures diesel n'ont plus la cote, s'attend-on à une vague de l'électrique? (graphiques)

Le salon de l'auto 2019 démarre ce samedi en Belgique. Diesel, essence, électriques, hybrides.... les préférences des consommateurs belges évoluent. Vers quoi se dirige-t-on? Sur les quelque 500.000 voitures neuves immatriculées chaque année en Belgique, que nous révèlent les chiffres de ces 20 dernières années? 

Premier constat: le diesel a amorcé son déclin

Les courbes d'immatriculations de voitures neuves essence et diesel s'inversent et l'année 2018 marque bien cette tendance (voir graphique ci-dessous). Rien ne laissait pourtant présager un tel retournement de situation. Dans les années 2007-2008, "près de 80% des voitures neuves immatriculées en Belgique étaient des voitures diesel", explique Christophe Dubon, porte-parole de la FEBIAC, la Fédération Belge de l'Automobile. Ce chiffre a réduit de moitié et s'élève désormais à 35%. 

Selon Christophe Dubon, ce déclin s'explique par trois raisons principales. "Les rejets de CO2 étant moindres avec les véhicules diesel, le gouvernement fédéral proposait des primes. En 2011, le gouvernement y a mis un terme et s'en est suivi une première baisse du nombre d'achats de voitures diesel", souligne le porte-parole de la FEBIAC. 


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Ensuite, continue Christophe Dubon, "le dieselgate [scandale autour de techniques frauduleuses pour réduire les polluants], a donné une mauvaise image au diesel en général". Finalement, "on a pris conscience du fait que le diesel était un mauvais élève en termes de rejets d'oxydes d'azote (NOx)", dangereux pour les voies respiratoires et - pour certaines particules - cancérogènes. 

Le diesel ne fait plus rêver, mais les Belges ne se sont pas jetés sur les carburants alternatifs comme l'électricité ou le gaz pour autant. "Les acheteurs sont retournés vers les véhicules essence, par un principe de vases communicants", explique le porte-parole de la FEBIAC.

Deuxième constat: l'électrique peine à décoller

En 2018, 3648 voitures électriques neuves ont été immatriculées, soit 3 fois plus qu'en 2015. Mais cela reste près de 10 fois moins que le nombre de véhicules essence immatriculées la même année. "Les alternatives telles que l'hybride, le gaz ou l'électrique restent très marginales. Elles représentent - ensemble - à peine 5-6%," souligne Christophe Dubon.

Selon le porte-parole de la FEBIAC, les véhicules électriques peinent à convaincre car "ils sont plus chers à l'achat, d'environ 10.000 euros." Ensuite, "les voitures électriques sont particulièrement adaptées aux environnements urbains. Mais en ville, tout le monde n'a pas de garage avec une borne de rechargement."

Dans le futur, "l'électrique peut encore se développer", estime Christophe Dubon, "en Norvège par exemple, les ventes de voitures électriques ont dépassé les ventes de voitures essence (...) mais il y a deux conditions: il faut des véhicules moins chers à l'achat et il faut pouvoir faire le plein d'électricité dans des infrastructures sur l'espace public. Même chose pour le gaz naturel."

De son côté, l'industrie est très optimiste quant à l'avenir. "Les constructeurs croient aux technologies électriques. Il y a une centaine de modèles de voitures électriques", souligne-t-il. "Au salon de l'auto cette année, il y a d'ailleurs une surreprésentation de l'électrique par rapport à ce qui est visible dans dans nos rues". Mais pour que ça marche, répète-t-il, "il faut nécessairement des infrastructures en nombre suffisant, comparables aux stations essence".

Troisième constat: les voitures neuves ont toujours la cote

Malgré un marché des voitures d'occasion dépassant celui des voitures neuves (661.000 d'occasion contre 546.000 neuves en 2018) et le développement des voitures partagées/des modes de transports alternatifs, la vente de voitures neuves reste stable et tourne autour de 500.000 chaque année.

Parmi ces voitures neuves, les SUV - sport utility vehicle - rencontrent une popularité croissante parmi le public belge. Ces voitures dont la consommation de carburant est de 15 à 30% plus élevée qu'une voiture classique représentaient 36% des achats de voitures en 2018.

De quoi prévoir une forte augmentation des émissions de CO2 ces prochains mois? Christophe Dubon relativise.  "Il faut regarder les sous-catégories", dit-il, "ce sont surtout les petites et moyennes SUV qui ont du succès. Une Renaud Clio à peine rehaussée sera considérée comme un véhicule SUV, pourtant elle a le même poids et le même moteur."

Certes, ajoute-t-il, "il y a une légère surconsommation mais on est loin de l'image du 4x4 massif. Les grands SUV sont très loin d'être majoritaires," et ne représentent que 3% des achats de voitures.

Archives : Journal télévisé 03/01/2019

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