Les voitures connectées pourraient saturer les réseaux mobiles

Un quart de milliard d’automobiles qui communiqueront entre elles et avec le monde, via les réseaux cellulaires.
Un quart de milliard d’automobiles qui communiqueront entre elles et avec le monde, via les réseaux cellulaires. - © DIRK WAEM - BELGA

Comme les premières locomotives au XIXème siècle, la voiture connectée effraie. Elle pourrait générer des accidents, être piratée,... Mais surtout, elle pourrait saturer les réseaux de téléphonie mobile, nos précieux réseaux cellulaires.

C’est cette troisième menace qui semble la plus crédibles. Selon le bureau d’études Gartner, d’ici 2020, 250 millions de voitures connectées circuleront sur nos routes. Et c’est ainsi que toutes ces voitures vont s’intégrer dans ce qu’on appelle déjà "l’internet des objets".

Un quart de milliard d’autos connectées

Cette saturation n’est pas qu’une menace technologique de plus. Il y a aujourd’hui sur terre près de 5 milliards d’objets connectés. Sur nous (les bracelets). Chez nous (une chaudière, une porte automatique) ou dans les rues (des caméras, des feux de circulation). Mais d’ici 2020, il y  aura entre 25 milliards (selon Gartner) et 30 milliards, (selon EMS) d’objets connectés. 5 à 6 fois plus qu’aujourd’hui.

Tous ces équipements généreront 44 zetta-octets de données. Un zettaoctet correspond à 10, exposant 21. Et dans le lot, il y aura ce quart de milliard d’automobiles qui communiqueront entre elles et avec le monde, via les réseaux cellulaires.

James F. Hines, directeur de la recherche chez Gartner, évoque un nouveau plan d’affaires dans lequel les voitures seront de moins en moins des objets de propriété, surtout dans les milieux urbains.

D’ici 5 ans (ce sera donc pratiquement notre prochaine voiture), un véhicule sur 5 disposera d’une forme de réseau de communication vers l’extérieur.

Et c'est cette prolifération de connectivité ambulante qui va impacter la qualité des réseaux cellulaires. La 3G et la 4 G

Une connectique automobile unique d’ici trois ans

En principe, il ne faut pas s’attendre à une plate-forme unique de l’internet des objets avant 2018. Mais à cette date, un ou plusieurs standards se seront sans doute imposés. Ensuite, les choses pourraient aller très vite.

Au point que d’ici 2023, Machina Research estime que les autos s'accapareront la moitié des connexions M2M (de machine à machine), ces communications qui se font entre terminaux, en dehors des êtres humains. Et c’est là qu’intervient la crainte d’un embouteillage des réseaux cellulaires. D'ici 10 ans, certaines antennes relais pourraient connaître une augmentation de 97% de demande de connexion. La limite du décrochage.

Comment éviter l’ embouteillage de connectivité?

Le sauveur attendu est la 5G qui entrera précisément en service en 2020. C’est un timing parfait pour permettre aux véhicules de communiquer entre eux et avec le monde extérieur. Car l’atout majeur de la 5 G est moins sa vitesse que sa faculté de connecter 1000 fois plus d’appareils qu’aujourd’hui avec la 4G. Et tous les Etats semblent croire à cette révolution.

A commencer par le plan européen eCall qui vise à renforcer la sécurité des voitures en cas d’accident. Si un airbag se déclenche, la voiture appelle le 112. En principe les nouveaux véhicules en seront équipés à partir d’avril 2018.

Un budget de 50 millions d'euros a déjà été libéré pour la 5G et un autre de 700 millions d'euros est prévu pour les 5 prochaines années.

Le ministère des Transports américain va plus loin. Après avoir fait réaliser un test routier avec 3000 voitures, il envisage de proposer un système obligatoire de communication sans fil V2V (Vehicule to Vehicule). Ces voitures transmettront, à raison de 10 fois par seconde, des informations sur leur vitesse et leur localisation sur des centaines de mètres de distance. Le but du jeu est d’empêcher les accidents et d’aider les conducteurs à prendre les bonnes décisions lors d’un dépassement ou pour anticiper un accident.

Cet univers-là est prévu pour dans 5 ans. Et cinq ans, ça passe vite.

@jcverset

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