Les vidéos de chats, plus polluantes que le secteur aérien?

Les vidéos de chats, plus polluantes que le secteur aérien?
Les vidéos de chats, plus polluantes que le secteur aérien? - © Tous droits réservés

Surfer sur Internet consomme énormément d'électricité et d'énergie. Regarder dix minutes de vidéos de petits chats émet un gramme de CO2, soit la consommation d'une voiture roulant sur plus de deux mètres.

L'utilisation d'Internet est donc très polluante pour la planète, la consommation d'énergie du secteur informatique représentant 7% de la consommation mondiale. C'est plus que l'énergie consommée par le secteur aérien.

Un utilisateur de Facebook émet près de 300 grammes de CO2 sur un an

Par utilisation, il faut entendre : envoyer des mails, rechercher des images, regardes vidéos, des films ou encore lire des livres en ligne, bref tout ce qu'il se passe "en streaming". Un utilisateur de Facebook émet près de 300 grammes de CO2 sur un an. "Moins qu'une tasse de thé (355 grammes) ou de café latte (340 grammes)", se défend la firme américaine.

Mais d'où vient cette énergie ?

Utiliser Internet, ce n'est pas seulement consulter un site quelques minutes. La consommation d'énergie touche chaque étape du processus. Du moment où vous allumez votre smartphone pour taper l'adresse d'un site que vous consultez jusque quand vous décidez de le partager avec l'une de vos connaissances, de l'électricité est dépensée. Prenons le cas concret d'un envoi d'email : en vous rendant sur votre boite mail, une partie d'énergie est utilisée par votre smartphone ou votre ordinateur. Ensuite, vient la rédaction de cet email dans lequel vous ajoutez une pièce jointe. Le temps de rédiger cet email, en ligne évidemment, celui-ci génère la même énergie qu'une ampoule utilisée pendant une heure. Le courrier électronique est ensuite envoyé puis il transite par un serveur de quartier, passe par un data center régional et, enfin, est traité et stocké dans un data center national.

Chacun de ces centres est composé de centaines voire de milliers de serveurs qui fonctionnent en continu. Avec quatre milliards d'utilisateurs d'Internet dans le monde, les machines tournent à plein régime et dégagent donc énormément de chaleur. Afin de les maintenir dans les meilleures conditions 24h/24, 7j/7, ces serveurs doivent être refroidis. Et, ces machines de refroidissement consomment de l'énergie.

Un constat

L'énergie utilisée afin d'assurer le bon fonctionnement d'Internet provient de deux sources principales : soit de l'énergie renouvelable provenant de l'énergie solaire, hydraulique ou éolienne, soit de l'énergie fossile qui comprend le gaz naturel, le charbon et le nucléaire.

Ce sont ces énergies fossiles qui sont responsables du taux de pollution. Certains en appellent donc à diminuer leur utilisation. Dans son rapport Clicking Clean, Greenpeace a recensé les sites et plateformes Internet les plus fréquemment consultés. L'Organisation rapporte le taux et le type d'énergie utilisée par chacun des sites. Elle attribue ensuite une note allant de A (les meilleurs élèves en terme de qualité d'énergie utilisée et de transparence) à F (les plus mauvais élèves). Parmi les meilleurs sites en terme d'énergie utilisée, on retrouve trois firmes références telles que Facebook, Google et Apple. Toutes les trois sont certifiées d'une note A par Greenpeace, utilisant de 56% d'énergie renouvelable pour Google jusqu'à 83% pour Apple.

Du côté des mauvais élèves épinglés par l'enquête, on peut notamment citer les sites Amazon, Netflix, Twitter, Pinterest ou encore Spotify. Notifiés d'une note C, D voir F, ceux-ci utiliseraient près de 30% d'énergie fossile pour seulement 10% d'énergie renouvelable.

Si l'on veut continuer à utiliser internet en polluant le moins possible, il faut modifier notre utilisation. Greenpeace

Une solution

Suite à son rapport Clicking Clean, Greenpeace tire la sonnette d'alarme: "Internet est le système nerveux central de l'économie mondiale moderne; si l'on veut continuer à l'utiliser en polluant le moins possible, il faut modifier notre utilisation". Notre empreinte énergétique liée à Internet ne ferait qu'augmenter ces prochaines années. L'Organisation gouvernementale propose alors de se tourner vers un Web qui fonctionne à l'énergie verte. Pour Greenpeace, cette dépendance croissante à Internet devrait amener les entreprises à avoir davantage recours à l'énergie renouvelable.

Afin de compléter cette démarche, chaque consommateur, son échelle, peut lutter contre cette pollution numérique. Il suffit de mettre en place quelques gestes simples tels que vider sa boite mails régulièrement, se désincrire de newsletters inutiles, taper directement l'adresse d'un site plutôt que de passer par un moteur de recherche avant d'y accéder ou encore utiliser un moteur de recherche alternatif qui utilise une partie de ses revenus publicitaires pour planter des arbres.

Si l'on veut continuer à utiliser Internet tout en épargnant notre belle planète bleue, il est important de réduire son empreinte carbone. Et si vous éteigniez votre ordinateur juste après avoir lu cet article?

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