Les Verts européens dénoncent le redémarrage de Doel 3 et Tihange 2

Vue aérienne de la centrale de Doel
Vue aérienne de la centrale de Doel - © Archve RICARDO SMIT - BELGA

Les microfissures font craindre pour la sécurité des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 : ces craintes sont étayées par une étude scientifique commandée par les Verts européens. Selon cette étude l'autorisation donnée par l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) de redémarrer ces deux réacteurs ne se justifie pas scientifiquement.

Pour les Verts européens, le redémarrage de Doel 3 et Tihange 2 malgré la présence de microfissures dans la cuve des réacteurs devrait être une préoccupation qui dépasse les frontières belges. Rebecca Harms, chef de groupe des Verts au parlement européen avance que ce type de problème, ces microfissures, n'ont été soumis à aucun stress-test : "Après Fukushima, ces grands problèmes de matériaux à Doel et Tihange n'ont pas été détectés".

État de l'acier

Par ailleurs, si de telles microfissures étaient détectées au moment de la livraison d'une cuve, le réacteur ne recevrait probablement pas l'autorisation d'être mise en service, selon les Verts européens : "Si on avait su les problèmes de fissures dans le matériel, on n'aurait pas pu donner de licence à Doel 3 ou Tihange 2" poursuit Rebecca Harms.

Les Verts s'appuient sur les conclusions d'une étude scientifique qu'ils ont eux-mêmes commandée. Elle a été réalisée par Ilse Tweer, spécialiste des matériaux à l'université de Vienne. Cette dernière ne comprend pas l'autorisation donnée par l'AFCN pour redémarrer ces réacteurs : "Il y a tellement d'incertitudes, pas seulement sur la question de la croissance des microfissures, mais aussi au sujet de l'état actuel des propriétés mécaniques de l'acier de la cuve".

Les conclusions de cette étude, que vous pouvez consulter (en anglais) ci-après, seront envoyées aux autorités belges compétentes, ainsi qu'aux agences de sûreté nucléaire des pays voisins.

AFCN : "L'auteure de l'étude n'a pas l'expertise requise"

Ilse Tweer, l'auteure de l'étude, "ne dispose pas de l'expertise requise", ont réagi les spécialistes de l'AFCN. "Ses conclusions ne sont dès lors pas pertinentes", ont-ils jugé.

"Nos experts ont découvert que le dernier véritable lien de Mme Tweer avec une université date de 1968, avant les premières constructions de centrales nucléaires en Belgique. Ensuite, Mme Tweer a travaillé en de nombreux endroits mais on ne trouve quasiment aucune trace de publications", a indiqué une porte-parole de l'AFCN à l'agence Belga.

Au-delà, Ilse Tweer "n'a manifestement pas pu bénéficier d'une information correcte et complète" pour étayer sa critique, juge l'AFCN qui rappelle que le redémarrage des deux réacteurs a pu être opéré après consultation des avis des experts les plus pointus en la matière, qui sont en nombre limités, liés à l'agence ou Electrabel. Un avis de minorité a également été rendu, a-t-elle rappelé.

L'AFCN s'étonne aussi que l'étude présentée jeudi fasse grand cas de ce que la pièce qui a servi de base aux tests n'était pas complètement représentative alors que l'agence elle-même était arrivée à la même conclusion. Simplement, "des recherches ont été réalisées également sur d'autres matériaux", a-t-elle précisé.

Enfin, l'autorité de contrôle juge "facile et à côté de la plaque" la critique selon laquelle elle n'a pas pu établir avec certitude la nature des fissures et prouver ce qui s'est produit. Elle évoque une certitude à 99,9%.

L'AFCN ne souhaite pas commenter les critiques sur la méthodologie "avec quelqu'un qui ne dispose pas de l'expertise requise".

Enfin, elle indique que les autorités de la sécurité des pays européens ont déjà été alertées. Une réunion a eu lieu au début de la semaine avec vingt représentants qui ont pu poser toutes les questions voulues aux experts de l'AFCN.

Retrouvez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK