Les vendanges à la belge

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Les grains de raisin sont considérés dans ce vignoble du château de La Mazelle à Beaumont comme des perles rares. Les vendanges s'apparentent en effet ici à un travail d'orfèvre ou plutôt de chirurgien.

 

 

Les vendangeurs doivent travailler avec des outils désinfectés et opérer quelques amputations. Charles-Albert de Radzitzky, maître de taille, s'adresse à trois nouvelles vendangeuses : "Vous regardez si le raisin est sain. Alors, ici, vous voyez qu'il y a une espèce de petite moisissure. Il y a du botrytis, une espèce de petite poussière. Alors simplement avec votre main, vous l'enlevez." Ces vendangeuses débutantes vont donc devoir se mouiller les doigts et braver les pièges de la pente raide. Malgré ces petits désagréments, ces jeunes citadines ne regrettent pas cette immersion dans la vigne. "Les vendanges, ça a une connotation très romantique, disons, et faire les vendanges en Belgique, c'est encore nettement meilleur. Donc, voilà, c'était une expérience que je ne voulais pas rater" témoigne Hélène, apprentie vendangeuse. En haut du vignoble, le maître de taille opère une deuxième sélection chirurgicale. "J'enlève un petit peu de grains qui sont moins mûrs et donc, j'essaye de favoriser les beaux grains noirs qui ont une teneur en sucre nettement plus importante. On enlève les coccinelles aussi. Il y a énormément de coccinelles qui, pour ceux qui ont déjà écrasé une coccinelle, puent terriblement et donc qui donneraient un goût horrible au vin."

Le raisin est prêt pour le foulage, enfin presque. Le maître de chai charcute à son tour les grappes et écarte encore quelques indésirables. Le raisin doit être propre. Tout comme le matériel, ici aussi, désinfecté. "Je dis très souvent faire de la vinification, c'est faire d'abord de la vaisselle. C'est vraiment indispensable d'avoir cette hygiène sinon, on risque d'avoir une cuve qui part en acidité volatile. C'est la cuve qui part en vinaigre et là, c'est tout à fait irrécupérable." explique Géry de Broqueville, maître de chai. Après le foulage, c'est le pressage, puis à nouveau le nettoyage de la presse et des accessoires. Malgré toutes ces opérations fastidieuses, ces bénévoles travaillent ici dans la bonne humeur. "Les vendanges, c'est vraiment le moment de plaisir de l'année parce qu'on a travaillé toute l'année dans le champ. On a coupé. On a fait les tailles. On a fait les éclaircissements" témoigne un vendangeur activé à remplir les cuves de jus de raisin.

Après ces vendanges mouvementées, repos bien mérité pour le jus. Le temps et la nature poursuivront le travail de vinification. Le vin devrait être bon à boire dans un an pour le repas des prochaines vendanges.

V. Mahy

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