Les vasectomies sont en hausse en Belgique

Selon les chiffres de l’Institut National d'Assurance Maladie Invalidité, le nombre de vasectomies est en hausse depuis dix ans dans notre pays. Depuis 2006, ce type d'intervention a augmenté de 16,5%. En 2016,  8780 hommes se sont fait opérer, soit 17 560 interventions pour l'année (une par testicule).

Une opération de routine

La vasectomie est une opération très simple qui consiste à ligaturer le canal déférent pour empêcher les spermatozoïdes de sortir des testicules. Cette opération dure en moyenne une demi-heure sous anesthésie locale et est remboursée par la mutuelle. Même si de nombreux hommes la craignent, la vasectomie n’a aucune incidence sur la vie sexuelle. Ceux qui ont sauté le pas ont un profil semblable : ils ont la quarantaine, vivent une relation stable et ont déjà des enfants. En 2016, les opérations sur les "quadras" représentaient 50%  des interventions de l’année.

Pierre a quarante ans et deux enfants. Il s’est fait vasectomiser il y a quelques années et n’en tire que des avantages: "La vasectomie cest avant tout se simplifier la vie. Pour moi ça na rien changé. Ma libido ne diminue pas et ce nest pas douloureux. A partir du moment où vous avez des enfants et que vous désirez passer plus de temps avec eux, vous consacrer à votre travail ou juste utiliser votre argent autrement, le choix est assez vite fait. Faire lamour sans se poser la question de la grossesse, cest vraiment libératoire."

Pourquoi se fait-on vasectomiser ?

Selon le Dr. Sylvain Nesa, urologue aux Cliniques de l’Europe, l’augmentation du nombre de vasectomies est surtout une question de mœurs: "Les mentalités évoluent, la sexualité est moins taboue et les patients en parlent de plus en plus facilement. Les modes dinformation se sont aussi développés avec internet. Tout cela joue un rôle sur le nombre de vasectomies."

Dans la plupart des cas, les hommes qui ont choisi de se faire vasectomiser l'ont fait pour éviter à leur compagne une contraception hormonale déconseillée, ou tout simplement pour en partager la responsabilité.

Pour Pierre notre témoin, ce facteur a pesé dans la décision: "Mon épouse souhaitait arrêter sa contraception, elle prenait la pilule depuis lâge de 14 ans. Je sais que la pilule modifie les hormones et que ce nest pas toujours agréable, alors que pour moi cette opération na rien changé. Je pense que tous les moyens de contraception chez la femme sont bien plus contraignants que la vasectomie pour lhomme."

Le Dr. Nesa confirme cette tendance: "Le danger des hormones joue un rôle dans le nombre de vasectomies. La grosse problématique de la prise dhormones, même avec des pilules faiblement dosées, expose les femmes de plus de 35-40 ans à des risques, notamment cardiovasculaires. A un certain moment il est plus prudent dorienter un couple vers un moyen de contraception mécanique. On propose soit une ligature des trompes pour la femme soit une vasectomie pour lhomme. La différence est que la ligature est une opération plus lourde, il faut une anesthésie générale, alors que pour la vasectomie une anesthésie locale suffit".

La vasectomie est aussi une question de culture. Selon le Dr. Nesa, "dans les pays nordiques c’est le mode de contraception le plus populaire. Plus vous descendez vers le sud, moins la vasectomie a de succès. C’est une question de ressenti. Beaucoup craignent, à tort, que cette opération modifie leur virilité."

Cette différence se ressent aussi chez nous. En 2016 les Flamands représentaient 80% des patients vasectomisés en Belgique.

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