Les Ukrainiens n'ont jamais été aussi nombreux à demander l'asile

Les Ukrainiens n'ont jamais été aussi nombreux à demander l'asile
Les Ukrainiens n'ont jamais été aussi nombreux à demander l'asile - © DANIEL MIHAILESCU - BELGAIMAGE

66 demandes d’asile pour le seul mois de mars, contre 55, pour toute l’année 2013. Le nombre de demandeurs d’asile en provenance d’Ukraine a connu ces dernières semaines une très forte augmentation. En cause: la terrible crise que traverse le pays.

Au centre d’accueil de la croix rouge de Jette, Liliane partage une chambre avec deux lits superposés avec d’autres femmes qui ont demandé l’asile, comme elle. Liliane a travaillé en Belgique pendant plusieurs mois dans une famille belge. "Je suis venue parce que c’est impossible de vivre en Ukraine, je ne pouvais pas nourrir mes deux enfants. Ils m’ont dit qu’ils trouveraient des papiers pour moi, mais après quelques mois, ils m’ont dit que si j’étais employée légalement, ils devraient payer des impôts. Et là, ça m’a affectée."

Au mois de janvier, Liliane retourne donc en Ukraine. "Je ne m’attendais pas à retrouver mon pays dans cet état. J’ai eu un grand choc, parce que quand nous sommes arrivés à la frontière ukrainienne, j’ai entendu qu’il y avait eu des explosions à Kiev."

Une demande d’asile déposée depuis le territoire belge

Quelques semaines plus tard, Liliane revient à Bruxelles.

Arrivée à l’origine pour des raisons économiques en Belgique, elle envisage difficilement un retour dans une Ukraine en crise. Et sur les 66 demandes d’asile qui ont été transmises au commissariat général aux réfugiés, elle n’est pas la seule à avoir fait sa demande depuis le territoire belge. "C’est ce qu’on appelle le concept du "réfugié sur place", explique Damien Dermaux, porte-parole du Commissariat général aux réfugiés, des personnes qui ont quitté leur pays sans être un réfugié au moment de leur départ mais qui en raison de circonstances nouvelles le sont peut-être devenus. Cela peut être une guerre civile, un changement de gouvernement, bref toute circonstance qui est apparue après leur départ et qui font que ces personnes déclarent avoir aujourd’hui une crainte fondée de persécution."

Voilà qui pourrait expliquer pourquoi les membres de la communauté ukrainienne que nous avons contactés n’ont pas ressenti un nombre hors du commun d’arrivées de compatriotes ces dernières semaines. Pour la première fois, au mois de mars, l’Ukraine est ainsi entrée dans le top 10 des pays d’où sont le plus souvent originaires les demandeurs d’asile. Sans surprise, les pays d’où viennent le plus fréquemment les candidats réfugiés sont l’Afghanistan et la Syrie.

Les motifs invoqués sont multiples: les Ukrainiens qui fuient leur pays évoquent entre autres la situation politique précaire, la crainte d’être mobilisés, ou de persécution car étant perçus comme pro-Ianoukovitch ou comme pro-russes.

O. Leherte

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