Les travaux débutent pour faire de l'ancien site de l'OTAN un nouveau Palais de Justice

Des photos d’archive rappellent l’époque où les bâtiments abritaient le quartier général de l’OTAN et où une immense table ovale réunissait des ministres de la Défense venus du monde entier.

L’OTAN a déménagé et la grande table a aujourd’hui disparu ; seuls ses contours sont encore visibles sur le tapis usé, ainsi que les traces des fauteuils en cuir autrefois fixés au sol.

"On va retirer le vieux tapis et enlever ce qu’il reste dans anciennes installations", explique Wenke Roggen, magistrate au parquet fédéral. "Et puis il faudra installer les places pour la Cour, pour les membres du jury, pour les accusés ou encore pour les policiers chargés de la sécurité."

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La salle en février 2016, lorsqu’elle était encore un haut lieu de la politique internationale. © THIERRY CHARLIER - AFP

Car l’endroit, désormais aux mains du SPF Justice, est appelé à héberger le grand procès des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles. La réhabilitation des lieux ne se limitera pas à la salle principale. "Malgré sa taille, elle ne pourra évidemment pas accueillir tout le monde. Il y a plusieurs centaines de parties civiles dans ce dossier", note la magistrate. A côté de la pièce principale, 8 " salles relais " équipées d’écrans de retransmission seront installées pour les parties civiles et le public.

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Une ancienne cantine servira de « salle relais » où des écrans seront installés afin de pouvoir suivre les procès. © RTBF
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Cette vaste pièce deviendra également une salle d’audience. Plusieurs rendez-vous judiciaires importants bénéficieront de l’espace libre dans les bâtiments à Evere. © RTBF

Le procès des attentats devrait avoir lieu en 2022 et durer environ 6 mois. Mais les bâtiments seront occupés dès la fin de cette année pour d’autres rendez-vous importants, des audiences de procédure en lien avec les attentats ou d’autres procès. Objectif : désengorger l’actuel palais de justice, incapable d’accueillir plusieurs centaines de personnes concernées par un même dossier, surtout en période de crise sanitaire et de distanciation physique. Selon Wenke Roggen, "on pourrait encore tenter d’organiser de grandes audiences place Poelaert mais cela se ferait au détriment de beaucoup d’autres procès qui devraient être remis."

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Le palais de justice place Poelaert, très ancien, n'est pas adapté lorsque plusieurs centaines de personnes sont concernées par une même audience. © HATIM KAGHAT - BELGA

Le site situé à Haren, à l'est de Bruxelles, est resté en bon état. Il reste même quelques installations héritées de l’OTAN, comme des caméras de vidéosurveillance qui pourront être utilisées.

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Certains dispositifs de sécurité, comme des caméras de vidéo-surveillance, n’ont pas été retiré au moment du départ de l’OTAN et peuvent encore servir. © RTBF

Mais beaucoup de choses doivent tout de même être repensées admet Wenke Roggen. "Il faut prévoir des points de contrôle, des cellules et une entrée spécifique pour les personnes qui comparaissent détenues, un accès pour le personnel, une entrée pour les citoyens qui viendraient assister au procès, des places pour les journalistes, et cetera. Il faut que tout cela soit pratique et surtout sécurisé." Un nouveau nom a déjà été choisi pour le site: "Le Justitia".

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Wenke Roggen, magistrate au parquet fédéral © JASPER JACOBS - BELGA

Du côté des travaux, le temps presse. Premier rendez-vous : la chambre du conseil qui doit examiner du 7 au 18 décembre le renvoi en procès des suspects des attentats du 22 mars 2016. Cette audience a déjà été reportée à plusieurs reprises en raison de la crise du Covid-19. Le parquet fédéral réclame que huit personnes soient jugées devant la cour d'assises lors du procès qui devrait donc se tenir à Evere en 2022.

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