Les transgenres sont désormais intégrés dans l'armée belge

Les transgenres sont désormais intégrés dans l'armée belge
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Les transgenres sont désormais intégrés dans l'armée belge - © Tous droits réservés

Bien qu'ils soient présents depuis de nombreuses années, les transgenres restent encore trop souvent à la marge de la société. Les données du registre national montrent une évolution significative du nombre de changements de sexe officiels entre 1993 et 2014. Au total, 794 individus ont changé de sexe en un peu plus de 20 ans en Belgique. 

 

Des transgenres à la Défense

L'armée belge permet aux militaires transgenres et même aux futurs transgenres de trouver leur place sous les drapeaux, ce qui n'a pas toujours été possible.

Gabrielle, transgenre depuis une trentaine d'années, avait été appelée pour effectuer son service militaire alors qu'elle était en processus de transformation : "C'était assez dégradant comme expérience [...] j'ai du lever ma jupe et montrer...". Elle ajoute : "Ils m'ont dit : 'il n'y a pas encore de femmes militaire, je ne pense pas que vous ferez votre service, vous êtes réformée, madame.'"

Aujourd'hui les transgenres sont encadrés dès le début de leur mutation vers une autre identité sexuelle. "Du moment où la personne le signale clairement à son chef d'unité, il y a un phase de vie réelle où la personne doit se mettre dans la tenue de son nouveau sexe ; si c'est un homme il doit s'habiller en femme, si c'est une femme elle doit s'habiller en homme" explique l'adjudant-chef Freddy Van Eeckout, "on donne aux personnes au sein de la défense 27 mois pour pouvoir changer de sexe." A l'heure actuelle une dizaine de militaires transgenres ont pu bénéficier de cet encadrement très spécifique.

La législation

Le Conseil de l'Europe en 1989 encourageait les états membres de l'Union Européenne à introduire des réglementations permettant une meilleure intégration des transgenres.

La Belgique, pays précurseur des droits des homosexuels, a récemment appliqué les recommandations européennes au sujet des transgenres. Pour pouvoir changer officiellement de prénom et de sexe, la législation de 2007 impose l'ablation des organes producteurs. Cette opération ne peut se faire qu'après des mois de préparation psychologique et hormonale. 

Le droit de décider qui l'on est

Pour Max Nisol, fondateur de l'association Genres Pluriels, cela n'est pas suffisant ; "Nous avons rencontré la chancellerie du Premier ministre , confiait Max Nisol à la Libre la semaine dernière. "Nous lui avons présenté une ébauche de projet de loi." Ce projet défend principalement la dissociation de la reconnaissance du genre à l’état civil de tout parcours psychiatrique et médical. "Les personnes transgenres n’ont pas envie d’être vues comme des malades mentaux", conclut Max Nisol, "ils ont le droit de décider qui ils sont."

L'association adresse également la problématique des intersexes, des personnes dites du "troisième sexe" qui, de manière parfois acquise mais bien souvent innée, n’appartiennent à aucun des deux sexes classiques.

Cette catégorie de personne reste peu entendue, l'Australie étant un des seuls pays à reconnaître officiellement une troisième catégorie "sexe neutre" dans l'état civil. Pourtant, déjà dans les années 1990 Anne Fausto-Sterling soulevait la question dans son ouvrage "Les cinq sexes. Pourquoi mâle et femelle ne sont pas suffisants". 

Selon les estimations, la part d'enfants nés intersexes représente 1 à 5% de la population.

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