Les traitements contre le cancer : toujours plus loin, toujours plus forts

Depuis 30 ans, la Fondation contre le cancer finance la recherche contre le cancer grâce à des donateurs. En 30 ans, la perception du cancer a beaucoup évolué. Avant, son annonce sonnait encore comme une sentence de mort. Aujourd’hui, plus du tout. Les rémissions peuvent être très longues et la guérison est souvent au bout du chemin. C’est le résultat d’une recherche scientifique inlassable pour traiter les cancers et augmenter l’espérance de vie des patients. Une recherche qui a beaucoup de points communs avec une bataille. La ligne de front est mouvante et les armes sont des microscopes et des pipettes. Petit à petit, les chercheurs des laboratoires d’oncologie font reculer la ligne de la mort.

L’immunothérapie : ce sont nos anticorps qui luttent

Parmi eux, l’Institut de Duve à proximité de l’Hôpital universitaire Saint-Luc. Depuis plusieurs années, ses chercheurs ont mis au point une nouvelle façon de soigner le cancer : l’immunothérapie. Elle consiste à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme. Nous avons tous déjà fait un rhume. Notre organisme lutte contre ce virus avec des anticorps produits par nos globules blancs appelés lymphocytes. L’immunothérapie fonctionne, de la même façon pour un cancer que pour un rhume. "Les médicaments que nous utilisons en immunothérapie aujourd’hui, agissent sur les lymphocytes du patient, donc sur son système immunitaire et pas sur les cellules cancéreuses en tant que telle", nous explique Pierre Coulie, chef d’équipe immunothérapie à l’Institut de Duve. Ces médicaments sont appelés immuno-stimulants c’est-à-dire qu’ils augmentent la puissance de feu du système immunitaire.

Des traitements combinés à l’avenir

Imaginons que nous plongions dans les vaisseaux sanguins d’un patient traité par immunothérapie. Nous y croisons un globule blanc ou lymphocyte. Il distingue les cellules saines des cellules cancéreuses. Et il s’attaque à ces dernières en envoyant des anticorps. Après 20' il détruit la cellule cancéreuse. L’immunothérapie a fait ses preuves pour le mélanome, un cancer de la peau très virulent qu’il guérit dans un cas sur deux, le cancer des poumons dans un cas sur trois et le cancer de la vessie dans un cas sur six. Mais elle ne fonctionne pas avec le cancer du sein. Les chercheurs essaient maintenant de comprendre pourquoi. Par ailleurs, l’équipe propose des traitements d’immunothérapie qui fonctionneraient avec plusieurs médicaments en même temps. Autrement dit des traitements combinés (chimiothérapie + immunothérapie par ex.)

Les métastases parlent aux ganglions

Une autre équipe de chercheurs au CHU de Liège s’attaque à une autre ligne de front. Leur ennemi porte pour nom cancer du col de l’utérus. Lorsque ce cancer est avancé, des métastases se propagent dans les tissus voisins, riches en ganglions. Le problème c’est que ces ganglions lymphatiques devraient, au contraire, être des citadelles qui protègent notre organisme contre l’invasion du cancer. Cette équipe a essayé de comprendre pourquoi ces ganglions accueillent les métastases. Et ils ont fait une découverte étonnante comme l’explique Frédéric Kridelka, médecin spécialiste en gynécologie au CHU de Liège. "Nous nous sommes basés sur des tissus que nous avons extraits chez des patientes souffrant d’un cancer. Le cancer lui-même et le ganglion à côté. Et nous avons déterminé qu’un message passait entre les deux."

Pour preuve, la transformation du ganglion qui s’enrichit progressivement en vaisseaux pour absorber les métastases. Ils n’ont pas encore décrypté ce message mais on voit sur ces trois images, qu’il provoque une transformation du ganglion qui s’enrichit en vaisseaux pour absorber les métastases. En d’autres termes, le message demande au ganglion de se relâcher dans ses capacités de défenses et d’accueillir les métastases. Pour cette équipe, la prochaine étape consistera à comprendre ce que dit le message et le neutraliser pour éviter un cancer généralisé. La lutte contre le cancer avance mais elle est loin d’être terminée.

 

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