Les tests de dépistage aux infections sexuellement transmissibles en nette baisse depuis le confinement

Les activités à l’arrêt depuis le confinement sont particulièrement nombreuses. Mais il y en a pourtant qui pourraient sauver des vies. C’est le cas par exemple des dépistages pour les infections sexuellement transmissibles dont le nombre est forte baisse, révèle ce mercredi la Dernière Heure.

Rudy Gooris, le directeur de l’ASBL SIDA-IST Charleroi-Mons donne même des chiffres qui en disent long : "depuis le début du confinement, j’ai réalisé 6 tests de dépistages au lieu de 100 ou 150 habituellement."

La faute, selon lui, au confinement bien sûr mais aussi à la peur de se rendre en milieu médical ou hospitalier pour réaliser ces tests. "Et pourtant, même s’il y a eu le confinement, la vie sexuelle a continué. Vraisemblablement avec des prises de risque comme habituellement, peut-être pas moins, peut-être pas plus, mais simplement comme d’habitude", estime ce spécialiste de la question.

L’annulation des événements pose problème

Le faible nombre de dépistages s’explique aussi par l’annulation de certains événements. "Par exemple, nous nous rendons chaque année au salon de l’érotisme de Mons et nous y faisions entre 30 et 40 dépistages par jour, donc c’est généralement une centaine de personnes qui en profitent pour faire un dépistage et qui n’ont pas pu le faire cette année", indique Rudy Gooris. 

Ces tests rapides sont réalisés en 5 ou 10 minutes, par le prélèvement d’une goutte de sang au bout du doigt qui est mélangée avec 2 réactifs : un pour le SIDA et un pour les autres IST. Et le résultat est immédiat. S’il est négatif, le patient est sain. S’il est positif, ce premier test rapide devra être complété par une prise de sang.

Mais malgré la facilité de la procédure, de nombreuses barrières existent encore. "C’est toujours une démarche délicate, constate Rudy Gooris. Il y a la peur du résultat éventuel mais surtout la peur du jugement. Et ces temps de coronavirus, cette peur du jugement est exacerbée. Si on a eu une relation sexuelle alors qu’on aurait dû respecter le confinement, il y a peut-être une double peur du jugement de ne pas avoir respecté ce confinement. Mais ce n’est absolument pas le cas de notre côté. Nous sommes là pour accueillir les gens, peu importe ce qu’il s’est passé."

Le Sida en baisse, les autres IST en hausse

Au niveau statistique pourtant, les nouvelles ne sont pas forcément rassurantes. Si le nombre de tests positifs au Sida est en baisse régulière et constante depuis 2012 : 1245 cas positifs à l’époque, 882 en 2018, la tendance est opposée pour les autres infections pour lesquels des chiffres sont disponibles.

  2002 2016
Chlamydia 940 6788
Syphilis 46 943
Gonocoque 242 1515

"Cela s’explique peut-être en partie parce qu’il y a un petit plus de tests de dépistages, mais aussi vraisemblablement parce que le VIH fait moins peur, qu’on a d’excellentes armes pour le combattre et que dès lors, les gens font un petit peu moins attention", constate le directeur de l’ASBL.

Le site depistage.be rappelle que ces tests sont possibles dans très nombreux les centres de planning familial, auprès de son médecin généraliste ou spécialiste, dans les centres de références VIH-IST, mais aussi auprès des asbl spécialisée, telle que l’association SIDA-IST Charleroi-Mons.

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