Les tampons hygiéniques sont-ils vraiment dangereux?

Un documentaire intitulé Tampon, notre ennemi intime a été diffusé sur la télévision française fin avril et a fait beaucoup de bruit: il donne des informations inquiétantes sur la possibilité de "choc toxiques" et sur la composition de ces tampons, avec des substances qui pourraient être dangereuses. Juliette Hariga faisait le point sur la réalité de ces dangers dans la séquence "Les curieux du Matin" de Matin Première.

Depuis l'Antiquité

Une femme, si elle donne naissance à un ou 2 enfants dans sa vie, aura en moyenne eu ses règles 400 fois, soit 2400 jours environ de sa vie. C’est beaucoup et si on fait une estimation du nombre de serviettes, de tampons utilisés, le chiffre est encore plus vertigineux et de tout temps, les femmes ont utilisé des protections.

En Égypte, dans la Grèce antique, puis dans l’Empire romain, les femmes utilisaient des tampons. C’était fait à partir de papyrus, d’herbes ou de laine. Le médecin Hippocrate en atteste. Avec la prise d’ampleur de la religion chrétienne, le tampon va disparaître un certain temps. Introduire quelque chose dans le vagin, pour la religion chrétienne c’est un péché.

Puis l’utilisation de linges en coton va se développer. C’est l’ancêtre en fait des serviettes jetables que l’on trouve aujourd’hui dans nos supermarchés.

Le tampon va revenir dans les années 1920. Un médecin américain, Cleveland Haas, reçoit la confidence d’une patiente. Elle lui avoue que lorsqu’elle a ses règles, elle utilise des morceaux d’éponge. Alors l’idée fait son chemin et le médecin va créer le premier modèle en coton comprimé, il va commercialiser son invention dans les années 1930 et créer sa marque, c’est la marque Tampax.

Dans un premier temps,  il n'est vendu qu'aux femmes mariées. Toujours cette même histoire de religion, on croit que le tampon pouvait ôter leur virginité aux femmes.

Un choc toxique extrêmement rare

Aujourd'hui, le tampon est décrié, on l’associe au syndrome de choc toxique. Il faut raison garder: le syndrome du choc toxique, c’est extrêmement rare. C’est une septicémie, une infection massive du sang par une bactérie, le staphylocoque doré. Une bactérie que l’on retrouve en fait souvent à la surface de notre peau, mais s’il est dans le sang, il produit des toxines qui sont nocives pour tous les organes du corps humain et parfois c’est mortel.

Dans le cas du choc toxique sur port de tampon, il y a en fait une prolifération bactérienne sur le tampon qui a été contaminé lors de sa mise en place, lorsque la bactérie est introduite dans le vagin, on a oublié par exemple de se laver les mains, le tampon devient un milieu de culture.

Les cas de choc toxique liés aux tampons semblent en augmentation ces dernières années, on en parle en tout cas beaucoup plus, ils sont plus médiatisés, mieux diagnostiqués aussi, mais cela reste extrêmement faible par rapport aux millions de femmes qui utilisent des tampons tous les jours.

Ne pas les porter trop longtemps

Chez nous, ça représente quelques cas par an, et le vrai problème, c’est le mode d’utilisation. C’est lorsque les tampons sont portés trop longtemps que ce risque augmente. Par exemple, dans les années 1970, il y a déjà eu un scandale aux États-Unis, le scandale du tampon Rely. Des dizaines de femmes ont été touchées par ce syndrome du choc toxique alors qu’elles utilisaient ces tampons, qui étaient en fait des tampons super absorbants. Qu’est-ce que ça veut dire ? Elles pouvaient les porter longtemps... en fait, elles les portaient trop longtemps.

Un conseil donc: il faut absolument respecter les règles d’hygiène, se laver les mains avant et après avoir introduit le tampon, ne pas dépasser 4 heures avec le même tampon, et ça vaut aussi pour les coupes menstruelles qui sont vraiment un dispositif pour l’instant très à la mode et qu’on estime sans aucun risque de choc toxique, mais ce n’est pas vrai. Des cas de choc toxique ont aussi été répertoriés.

Une composition un peu floue

Une question se pose aussi sur la composition des tampons: on reproche à certaines firmes d’utiliser des méthodes de traitement du coton qui provoquerait la présence de dioxine dans les tampons, de phtalates, des allergènes. Sur les sites Tampax, O.B., donc les grandes marques déclarent ne pas utiliser de telles méthodes, leurs tampons sont sans substance nocive, disent-elles.

Mais par rapport au moindre savon qui doit détailler ces ingrédients, on peut cependant vraiment reprocher à l’étiquetage des tampons de rester vraiment très opaque, flou. Il n’est soumis à aucune réglementation spécifique comme les cosmétiques et ça, c’est vraiment problématique.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK