Les tampons hygiéniques et cup: un danger ?

Les tampons hygiéniques et cup : un danger ?
Les tampons hygiéniques et cup : un danger ? - © Tous droits réservés

La disparition de Maelle, 17 ans, relance le débat sur la potentielle dangerosité des tampons hygiéniques. Jeudi dernier, la jeune fille originaire de Walcourt est décédée d’un choc toxique, une septicémie foudroyante. A l’origine de sa mort, la prolifération de bactéries, des staphylocoques dorés présents dans son tampon hygiénique.

Le syndrome du choc toxique (SCT), qui entraine un taux de mortalité élevé, reste extrêmement rare mais le nombre de cas est en augmentation ces dernières années. En France, par exemple, on en a recensé pas moins de 20 en 2019. Chez nous, à Namur, une Namuroise de 16 ans est morte pour les mêmes raisons en 2016.

"Le choc toxique est une pathologie très grave, touchant tous les organes. Cela crée une défaillance multi-organique", explique Dan Gusu, médecin aux soins intensifs du Grand Hôpital de Charleroi. Selon une étude française, réalisée au centre national de référence du staphylocoque à Lyon, les tampons ne sont pas nocifs. Ils ne favorisent pas les chocs toxiques.

Selon Dan Gusu, "c’est la mauvaise utilisation du tampon qui pose problème. Il faut absolument changer toutes les 4 à 5 heures car le tampon peut vite devenir un bouillon de culture. Avec une utilisation inadaptée, la quantité de microbes autour ou dans le tampon peut augmenter et là, les risques sont plus importants. Rappelons tout de même que ce sont des microbes que nous avons dans notre corps et avec lesquelles nous vivons en principe normalement ".

Une pathologie bâtarde

On parle peu du choc toxique et pourtant la pathologie est redoutable. Pourquoi ? Car le SCT mime une gastro-entérite. Selon les chercheurs du centre à Lyon, les médecins n’ont pas assez le réflexe de s’assurer qu’il ne s’agit pas de ce syndrome.

L’histoire dramatique de Maelle permet clairement de l’illustrer. En début de semaine dernière, elle croit d’abord avoir "chopé" une gastro. Fièvre, vomissements, les symptômes laissent penser à cela. Le médecin de garde lui diagnostique d’ailleurs une gastro-entérite et prescrit un traitement dans ce sens. Mais malgré les médicaments, l’état de santé de la jeune fille ne s’améliore pas. Hospitalisée, Maelle est déshydratée mais une médication différente ne change toujours rien. C’est finalement dans un autre hôpital que les médecins comprennent qu’elle est victime d’un choc toxique. Mais il est trop tard. 48 heures après les premiers symptômes, Maelle décède.


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Le risque des coupes menstruelles (CUP)

La cup, c’est une petite cloche en silicone qui séduit de plus en plus de Belges. Si ces avantages économiques et écologiques sont indéniables, la coupe menstruelle ne diminue pas les risques de contracter le syndrome du choc toxique. La cup pourrait même, dans certains cas, s’avérer dangereuse. C’est ce qui ressort de l’étude du centre national de référence du staphylocoque à Lyon.

Ces protections, ayant un diamètre plus important que les tampons, permettent une arrivée d’air et donc d’oxygène plus importante. En stockant le sang, la cup favorise plus la croissance du staphylocoque et la production de la toxine. "Le sang des règles, coincé en intravaginal, représente un très bon milieu de culture, chaud, avec des nutriments, un véritable bouillon de culture où la bactérie peut se multiplier", explique un des chercheurs du centre à nos confrères du Nouvel Obs. Il est donc fortement déconseillé de porter une cup la nuit pendant son sommeil ou le jour plus de 6 heures.

S’il on utilise les tampons ou la cup correctement, les risques sont moindres, mais pas de zéro. Il faut donc rester très vigilant.

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