Les seniors se privent de plus en plus

Nos pensionnés sont de plus en plus précarisés
Nos pensionnés sont de plus en plus précarisés - © rtbf

Nos pensionnés ont souvent beaucoup de mal à joindre les deux bouts et cela, qu’ils soient locataires ou propriétaires. Selon une association de défense des seniors, pour vivre dignement, ils devraient disposer en moyenne de 300 euros de plus par mois.

Yvette : locataire

Nous avons rencontré Yvette Gardien, 84 ans. Avec sa santé de fer, elle évite les factures du médecin. Elle vient de passer par la pharmacie pour soigner son premier petit rhume depuis quatre ans. "Je me soigne toute seule comme une grande, c’est moins cher que d’aller chez le médecin", témoigne-t-elle souriante.

Chaque mois, Yvette perçoit 1000 euros de pension. Elle est locataire et débourse 300 euros plus d’importantes charges pour son habitation. Au bout du compte, il ne lui reste que 200 euros pour vivre, voilà pourquoi elle fait attention au moindre cent. "Je ne me permets un petit bout de viande qu’une fois tous les quinze jours".

De nombreux pensionnés se serrent la ceinture

Le mouvement social des aînés a mis en évidence le "panier du pensionné". Dans le top cinq des dépenses moyennes on retrouve le logement et ses différents frais pour 586 euros par mois. Près de 400 euros passent dans l'alimentation, 172 euros dans les soins de santé, 123 euros pour assurer la mobilité et 130 euros dans les assurances.

Au total, un pensionné dépense en moyenne 1400 euros par mois. Or deux tiers des personnes interrogées pour établir ce panier gagnent moins de 1500 euros nets par mois.

Pour les défenseurs des pensionnés, c'est trop peu. "Nous demandons qu’un échelonnement soit mis en place pour permettre de remonter les pensions les plus basses, qui sont souvent les plus anciennes", explique le secrétaire politique d’Enéo, le Mouvement social pour les aînés, Philippe Andrianne.

Suzie : propriétaire

Pour Suzie Mandelaire, 80 ans, le grand cadeau de sa vie est sa maison. Mais elle nécessite beaucoup d’entretien. "Cette année, je voudrais faire repeindre mes chassis, mais c’est une grande maison et il me faut un gros budget. Je dois donc déjà commencer à économiser pour pouvoir faire faire ce travail à la belle saison", explique-t-elle.

Pourtant pour Suzie, les frais sont importants en ce début d’année. Elle a notamment reçu une facture d'hôpital.  Il n’est pas évident pour elle de gérer les imprévus avec 1000 euros de pension par mois. "Il faut faire des prévisions", dit-elle, "et ce mois-ci on ne sortira pas", conclut-elle.

Suzie et Yvette devront faire encore plus attention ce mois-ci, mais vu le contexte budgétaire actuel, il n’est pas sûr que leur situation change de sitôt.

I.L. avec S. Heinderyckx

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