2 millions pour un squelette de dinosaure: quand les collectionneurs fous viennent au secours de la paléontologie

La politique scientifique manque cruellement de moyens chez nous. Depuis des années, l'Institut royal météorologique, le musée des beaux arts crient au sous-financement. Une situation qui ne fait qu'empirer et qui a des conséquences sur la recherche qui peut être menée en Belgique. Pascal Godefroit, paléontologue renommé, qui vient encore de découvrir un squelette présumé de diplodocus il y a quelques jours aux Etats-Unis, tirait la sonnette d'alarme dans le JT de 13h.

"Ces dernières années on doit faire face à des restrictions budgétaires drastiques, dangereuses pour la recherche, nous n'avons plus accès à des financements externes, expliquait-il. Pour le personnel, comme pour le fonctionnement. Une bonne partie de notre personel est sous contrat précaire, des gens qui ont des formations poussées, des doctorats, dont nous allons devoir probablement nous passer. Tout le monde scientifique a un besoin urgent de refinancement. Je discutais avec un collègue kazakh, et finalement, je me disais que j'aimerais bien travailler au Kazakhstan".

La solution grâce aux collectionneurs?

Mais paradoxalement, une partie de la solution pourrait venir... des particuliers, fous de dinosaures, et qui investissent des sommes folles pour acquérir des ossements.

Ainsi, il y a quelques semaines, à la tour Eiffel, un théropode vieux de 150 millions d'années était exposé avant une vente aux enchères de taille!  Des centaines de personnes sont venus admirer le carnivore de 9m de long.

Des particuliers qui achètent des squelettes de dinosaures, de qui inquiéter les scientifiques? Pas forcément.

"C'est une menace... ou une opportunité, commente Pascal Godefroit. Jusqu'ici , il y avait une concurrence entre deux mondes à part qui ne se parlaient pas, le monde scientifique ou celui des collectionneurs, mais de plus en plus, on commence à se parler et ça pourrait être des opérations win-win".

Et le tout récent propriétaire français du théropode de la tour Eiffel semble lui donner raison: ce passionné, qui a payé son acquisition la bagatelle de 2 millions d'euros, a souhaité mettre son dinosaure à la disposition de la communauté scientifique et le faire exposer dans un musée. Une manière indirecte de financer la recherche, qui en a grand besoin.




 


 

 

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