Les rondeurs se font une place de choix dans le monde de la mode mais gare aux excès

La mode a longtemps été régie par le culte de la maigreur, mais aujourd’hui les marques misent de plus en plus sur la diversité pour être en phase avec la société.

Des femmes qui assument leurs formes

Nous avons rencontré Virgine, une jeune femme qui comme tant d’autres, scrute régulièrement des personnalités comme les sœurs Kardashian sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup de jeunes, ces femmes aux courbes généreuses, sont devenues des modèles. "Avant, on ne voyait que des femmes très minces dans les magazines. Aujourd’hui ce type de filles peuvent en aider d’autres à assumer leurs formes mais aussi permettre de diversifier les normes ", explique-t-elle.

Mais la rédactrice en chef du magazine So Soir, Ingrid Van Langhendonck nuance : " Il ne faut pas tomber dans le piège de ce phénomène très américain où ces femmes passent régulièrement entre les mains de chirurgiens esthétique pour mettre les rondeurs où elles le souhaitent (…) pour en faire un corps irréaliste ".  

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Des mannequins " plus size "

Depuis quelques années, les codes évoluent. On voit de plus en plus souvent apparaitre des mannequins dits " plus size " dans les défilés de mode. Dans l’agence Dominique Models, une catégorie est dédiée aux femmes plus rondes. La demande existe depuis longtemps, mais elle augmente considérablement et provient de toutes les marques.  "Avant, ce type de demande concernait les tailles du 42 au 46, mais aujourd’hui elle concerne aussi les " in between ", c’est-à-dire du 38 au 42 ", explique la directrice Odile Farber. Pour elle, rien d’étonnant à cette tendance : "Toutes les clientes ne font pas un 36. Au contraire, en France la taille moyenne est le 42 ".   

Les réseaux sociaux ne sont pas étrangers à ces changements de mentalités. " Des clientes s’y sont exprimées pour dire qu’elles ne ressemblaient pas aux mannequins trop minces. Voilà pourquoi on a décidé de faire travailler davantage de mannequins " plus size " ".

 

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Un diversité contrôlée

Mais ces mannequins " plus size " restent, elles aussi, dans une certaine norme. " Il y a une certaine forme d’hypocrisie ", explique Ingrid Van Langhendonck, " Car ces mannequins ont 20 ans, elles ont toujours la taille fine, peu de cellulite et sont bien proportionnées. Donc la diversité est encore très contrôlée par les marques car leur objectif est toujours de vendre et de faire rêver".

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Une tendance positive mais gare aux excès

Cela dit, pour Ingrid Van Langhendonck, cette évolution est positive. " A un moment, la mode avait perdu pied avec la réalité et avec les gens tels qu’ils sont réellement. Il était temps que quelque chose se passe ", mais il faut faire attention à ne pas basculer d’un excès à l'autre.

"On ne trouve plus de magazines qui font l’éloge de la maigreur. Aujourd’hui quand on parle de minceur, on parle de santé publique. Les chiffres de l’obésité explosent donc notre message est d’accepter notre corps tel qu’il est, mais d’en prendre de soin et d’en faire la meilleure version de lui-même, en faisant du sport par exemple ou en mangeant mieux".

Quoi qu'il en soit, ces mannequins " plus size " sont la preuve que la mode veut changer son image, longtemps étriquée dans une taille 34, en s'éloignant des diktats qui trônaient jusqu'à présent et qui ne reflétaient pas vraiment la réalité de la société.

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