Les rois de la débrouille. Troisième épisode.

Astrid
Astrid - © Rtbf

La pauvreté est bien plus répandue que celle apparente. Les chiffres de la précarité surprennent. Un belge sur sept vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 966 euros par mois. Ceux qui se trouvent à peine au-dessus de cette limite sont tout aussi nombreux. Immersion dans le royaume de la débrouille!

Dans cette population, il y a de jeunes diplômés.

Astrid est sortie de l'université, il y a un an et demi avec une licence en communication en poche. Depuis, elle cherche du travail inlassablement. Sans résultat! Sur plus de 230 courriers de candidature envoyés, elle n'a été reçue qu'à trois entretiens.

"J'écris des lettres et j'ai l'impression qu'elles vont directement à la poubelle et j'ai l'impression que finalement mes études ne valent rien, que je ne vaux rien, que je ne suis rien et ça, c'est le plus démoralisant, on va dire. Je voudrais que mes lettres me servent au moins à aller jusqu'à l'employeur. Au moins me présenter, pour pouvoir tenter ma chance!"  témoigne Astrid.

Astrid touche une allocation de 380 euros par mois. Difficile de voler de ses propres ailes avec une telle somme. Elle vit donc toujours chez ses parents. Sa maman n'est pas pressée de la voir quitter le domicile familial, mais voir sa fille toujours sans emploi après autant d'efforts, l'inquiète.

"J'aimerais beaucoup qu'elle en trouve un parce qu’ elle aimerait s'assumer, avoir son propre appartement, etc... Maintenant, le problème, c'est que la plupart du temps, on lui demande d'avoir de l'expérience alors qu'elle vient de sortir de l'université. Je trouve qu’on devrait donner la chance à elle, comme à d'autres jeunes, de pouvoir commencer dans la vie," explique la maman d’Astrid.

En attendant la place de ses rêves, Astrid pourrait gagner sa vie avec un travail moins qualifié. Elle n'y tient pas.

"C'est très difficile moralement de se dire: je n'ai rien trouvé avec mon diplôme, je vais devoir trouver quelque chose d'autre et puis quand on s'adresse à des personnes et qu'on veut un job de vendeuse ou de serveuse, on me dit : "Mais mademoiselle, vous êtes bien trop qualifiée pour nous. A la première occasion, vous allez partir. Nous, on veut quelqu'un sur qui on peut compter." Et ça, c'est un problème, pour les uns, je n'ai pas assez d'expérience et pour les autres, je suis trop qualifiée."  

Pour pallier son manque d'expérience, Astrid écrit des chroniques pour un site internet, bénévolement. Elle se divertit aussi. Malgré tout, les journées lui semblent longues. L'attente souvent vaine de réponse à ses courriers lui pèse.

"C'est un ras le bol, j'aimerais pouvoir être indépendante, moi-même gagner mon argent, moi-même faire ce que je veux. C'est dévalorisant de se dire qu'on doit compter sur l'Etat pour nous aider. Moi, j'aimerais bien travailler. je suis prête à travailler. C'est ça qui est démoralisant. On se dit qu'il y a des gens, oui, qui profitent peut-être du système, je ne dis pas, j'en sais rien! Moi, je ne suis pas comme ça! Je n’ai pas envie de profiter du système, j'ai envie de travailler."

Astrid baigne dans la musique depuis son plus jeune âge. Naturellement, elle aimerait travailler dans le domaine culturel, mais les places dans ce milieu sont rares.

Malgré tout, elle continue d'espérer, passionnée et déterminée!


Valéry Mahy

 


 

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