Les riverains des prisons de Saint-Gilles et Forest excédés par les nuisances sonores

A Saint-Gilles, les habitants se plaignent des nuisances générées par la prison
A Saint-Gilles, les habitants se plaignent des nuisances générées par la prison - © Fabrice Gérard

Il y a les sirènes des fourgons de prisonniers et des voitures de police. Il y a surtout l’appel des détenus, amplifié par des haut-parleurs, qui résonne dans tout le quartier. Nadia habite à quelques pas de la prison de Saint-Gilles. Cela fait 30 ans qu’elle y vit. Et malgré le temps, elle n’arrive toujours pas à s’habituer à ces nuisances sonores. "Les grosses nuisances ce sont les haut-parleurs. Lorsqu'ils appellent les détenus par leur numéro. C’est tous les jours, matin et après-midi. Même le week-end. Et ça, c’est vraiment dérangeant."

Une plainte à Bruxelles-Environnement

Début de cette année, l’une de ses voisines a déposé une plainte auprès de Bruxelles-Environnement. L’organisme est venu placer un sonomètre sur la terrasse de la plaignante. Les conclusions sont sans appel : les normes de bruit en vigueur à Bruxelles sont largement dépassées.

Eviter les mutineries

Charles Picqué, le bourgmestre de Saint-Gilles, habite lui aussi à proximité de l’établissement pénitentiaire. Face à ces nuisances, il reconnaît une certaine forme d’impuissance. "Je ne compte plus les lettres que j’ai adressées aux différents ministres de la Justice, sans résultat. Je reconnais qu’il y a des nuisances, elles sont réelles. Mais, en tant que bourgmestre, ma préoccupation, c’est la sécurité des citoyens. Je dois éviter qu’il y ait des révoltes, des mutineries. C’est cela ma priorité."

Une surpopulation source de tensions

A la prison de Saint-Gilles, il y a actuellement 850 détenus alors qu’il n’y a que 550 places disponibles. Une surpopulation endémique et chronique pour laquelle l’État belge a été condamné début de cette année devant le tribunal de première instance de Bruxelles.

Une surpopulation qui complique tout, comme l’explique Vincent Spronck, le directeur de la prison de Forest : "Ça complique terriblement la vie à l’intérieur de la prison. Pour le personnel pénitentiaire qui travaille sous une tension permanente. Et pour les détenus qui sont obligés de vivre dans une promiscuité difficilement concevable pour le commun des mortels. Et puis, cette situation, elle renforce évidemment les nuisances vers l’extérieur. Plus de cris, plus de grèves. La surpopulation gangrène tout c’est indéniable".

Un déménagement en 2022

Selon nos informations, les prisons de Saint-Gilles et Forest devraient définitivement fermer leurs portes dans le courant de l’année 2022. Et les 1200 détenus qui y sont incarcérés seraient transférés dans la toute nouvelle prison de Haren. Les derniers recours des riverains qui vivent dans cette portion de la commune de Bruxelles-Ville viennent à ce titre d’être rejetés par le Conseil d’État. De quoi prochainement soulager les Saint-Gillois et Forestois qui subissent les nuisances des deux établissements pénitentiaires.

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