Japon: les rejets radioactifs arrivent, mais ne sont pas dangereux

200 balises mesurent en permanence la radioactivité sur la Belgique
200 balises mesurent en permanence la radioactivité sur la Belgique - © RTBF

Les rejets radioactifs dus à l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima, emportés par les vents, pourraient atteindre l'Europe, et en particulier la Belgique, cette semaine. Mais sans danger pour la population.

L'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) annonçait lundi que le nuage traversait mercredi ou jeudi la France et la Belgique. Interrogé par l'agence Belga, David Dehenauw de l'Institut royal météorologique (IRM), explique ce mardi : "Ce nuage simulé se base sur d'anciennes prévisions, réalisées à partir d'observations relevées au Japon il y a une dizaine de jours. Cette simulation ne tient pas compte des prévisions actuelles", explique David Dehenauw. "Mes simulations, réalisées sur base des donnée mesurées ce mardi en Islande et lundi en Amérique du Nord, ne confirment pas le scénario français. Pour l'instant, aucune concentration radioactive ne devrait arriver en Belgique. Au pire, il pourrait y avoir une trajectoire au-dessus d'une partie de la France à 6000 mètres d'altitude, d'ici la fin de la semaine voire le début du week-end", poursuit-il. 

Ce qui arrivera au-dessus des têtes des Européens n’est pas vraiment un nuage, tout au plus du gaz et des poussières radioactives. Ces poussières circulent au gré des vents et elles peuvent faire des dizaines de milliers de kilomètres. Une chose est sûre : on ne verra rien. Ces particules voyagent et nous sommes à près de 10 000 kilomètres du Japon: elles se dispersent donc en route.

Simon Chabrillat, chef de service à l'Institut d'aéronomie spatiale, est tout à fait rassurant : "Inévitablement, le nuage va se diluer au fur et à mesure. Et on va finalement retrouver ces particules dans tout l’hémisphère nord, mais à des concentrations minuscules. C’est comme quand vous lâchez une goutte d’encre dans une baignoire. Au début, elle est très, très concentrée ; ensuite cette encre va se diluer dans l’eau de la baignoire toute entière. Il y aura de l’encre partout, mais vous ne pourrez plus la voir parce que les concentrations seront devenues infimes".

200 balises mesurent la radioactivité

Les retombées seront donc très minimes et à peine détectables par les 200 balises présentes sur le pays suite à l’accident de Tchernobyl et qui mesurent en permanence le taux de radioactivité. Le complément de radiations apporté par ce panache venu du Japon va se noyer dans la radioactivité naturelle à laquelle nous sommes soumis chaque jour.

Ces poussières se désintègrent naturellement : l'iode 131 disparaît en 8 jours et l'iode 132 en quelques heures. Par contre le césium 137 commence à se désintégrer après une trentaine d’années et ne disparaît complètement qu’après 300 ans seulement. Les concentrations attendues en césium 137 devraient être faibles : 1000 à 10 000 fois moins importantes qu'en 1986 au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl.

Serge Goldman, chef de service du département de médecine nucléaire à l’hôpital Erasme, explique que, au plan médical, il "ne se passerait des choses que si des concentrations de produits radioactifs étaient suffisantes pour produire des effets sur la santé. C’est très peu probable dans la situation actuelle, étant donnée la distance qu’il y a entre le site de l’accident nucléaire au Japon et la Belgique".

Reste cette question. Consommer des produits venant du Japon représente-t-il un danger ? "Il semble que non", explique Karina De Beule de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire : "Le Japon a pris ses responsabilités dans ce domaine et a désigné les régions où il y a un problème. Et les Japonais veillent à ne pas exporter" des produits venant de ces régions.

Il n’y a aucun risque pour la santé des Belges et l'Agence fédérale de contrôle nucléaire ne prévoit aucun dispositif particulier. La catastrophe nucléaire de Fukushima s'est déroulée beaucoup trop loin pour qu'elle ait un impact réel sur notre pays.

RTBF

L'Institut Central pour la Météorologie et la Géodynamique, en Autriche, est chargé par l’Organisation météorologique mondiale de réaliser des calculs de dispersion du panache que l’on peut visualiser sur son site.

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