Les rapports du GIEC trop peu lisibles?

A quelques semaines de la conférence mondiale sur le climat à Paris, une équipe de chercheurs européens demandent aux climatologues du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) d'être plus clairs dans leurs écrits. Autrement dit, d'en finir avec les rapports incompréhensibles.

Depuis 1990, le GIEC a publié cinq rapports. Des rapports volumineux, de plusieurs milliers de pages, qui dressent l'état des connaissances mondiales sur le climat. Chaque rapport a fait l'objet d'un résumé à l'attention des décideurs pour les aider lors des négociations climatiques. Selon cette étude, ces résumés sont incompréhensibles.

Les chercheurs ont analysés, avec une méthode particulière, la longueur des phrases, la complexité des mots et leur constat est sans appel : "L’action mondiale sur le changement climatique est gravement entravée parce que les conseils du corps scientifique du GIEC qui, s’ils font référence en la matière, sont si difficiles à comprendre qu’il faut un doctorat, minimum, pour en saisir les recommandations", soutient Ralf Barkemeyer, enseignant-chercheur à KEDGE BS, qui a dirigé cette étude.

Valérie-Masson Delmotte est climatologue, elle participe aux rapports du GIEC, elle reconnait que ces résumés ne sont pas faciles d'accès, elle  n'est pas étonnée par cette étude : "Cela fait partie d'une longue série d'analyses qui portent sur la manière dont on peut améliorer l'interface entre une évaluation rigoureuse sur l'état des connaissances et ce que l'on transmet au grand public."

C'est l'un des grand reproche que l'on fait aux scientifiques, le manque de vulgarisation. Mais le souci de rigueur rend chaque rédaction difficile.

L'incompréhension mène-t-elle à l'inaction ?

"Si les gouvernements ne sont pas en mesure de comprendre les faits scientifiques qui leur sont présentés, comment peuvent-ils espérer parvenir à un consensus ou à une décision commune ?", s'interroge Ralf Barkemeyer.

Ce manque de lisibilité pourrait aussi amener à de mauvaises interprétations.

Valérie Masson-Delmotte n'y croit pas, elle estime que les experts qui assistent les décideurs, ont aujourd'hui suffisamment de bagages pour comprendre : "Il y a une montée très clair du niveau de culture scientifique des délégations des différents pays, les constats sont accessibles,  la vraie difficulté est la mise en œuvre des politiques climatiques." Ce n'est donc pas une question de compréhension, mais une question de volonté. "Il ne faut pas faire croire aux gens que ce sont des enjeux inabordables ou incompréhensibles."

Un résumé des résumés

Pour remédier à cette situation, la climatologue propose d'introduire un nouvel outil "un résumé des résumés", une vingtaine de lignes qui reprendrait les points-clés dans "un langage courant". Une piste qui a déjà été mise en place lors du dernier rapport et qui selon elle serait "très intéressante".

Cette étude tombe bien, l'an prochain le GIEC doit entamer une réflexion sur sa manière de communiquer.

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