Les prix du gaz et de l'électricité chutent: comment renégocier votre contrat pour économiser de l'argent

"Une diminution drastique." C’est ainsi que la CREG (Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz) résume l’évolution des prix de l’énergie. "Entre janvier et août, les prix de l’électricité ont en moyenne baissé de 150€ ; pour le gaz, c’est de l’ordre de 350€ pour une facture annuelle", résume Laurent Jacquet, directeur de la CREG. Alors une question vient immédiatement à l’esprit : faut-il changer son contrat voire son fournisseur pour gagner de l’argent ? Affirmatif. En veillant à deux ou trois petites choses.

Fin de l’année dernière, les prix de l’énergie étaient élevés. Très élevés. Une situation qui n’a pas avantagé celles et ceux qui ont dû souscrire un contrat en 2018. Pourtant, changer de contrat est extrêmement simple. D’abord, rendez-vous sur le CREG Scan, qui permet de comparer les contrats que vous avez conclus avec les prix actuels. "En cinq clics, vous indiquez ce que vous voulez comparer en fonction de votre profil : électricité, ménage – client résidentiel, vous habitez par exemple Bruxelles, vous êtes chez le plus grand fournisseur du Royaume, vous ne connaissez pas forcément votre contrat et puis vous obtenez le comparatif qui montre en fonction de votre contrat à combien vous êtes entre le prix le moins cher du marché et le plus cher. Ici, vous voyez que vous pouvez faire une économie de 300€ en passant du plus cher vers le moins cher", précise Laurent Jacquet. Bon à savoir : changer de contrat est tout à fait possible en restant chez le même fournisseur.

Précisons tout de même que les chiffres indiqués sont des montants hors TVA, et qu’ils correspondent au montant qu’un consommateur moyen paie annuellement pour l’énergie. Aussi, il s’agit uniquement du montant de la composante énergétique pouvant être soumis à concurrence, ce qui veut dire que ça ne comprend pas les coûts de réseau, les taxes et prélèvements qui varient selon les régions.

Ces détails en tête, on constate que le produit le moins cher du marché coûte moins cher que tous les produits proposés par le passé par votre fournisseur.

Des milliers de contrats "dormants"

Votre contrat est peut-être carrément ce qu’on appelle un contrat "dormant". En gros, il est arrivé à échéance, mais les prix repris dedans ont été maintenus malgré la chute sur les marchés de l’électricité et du gaz. Et il faut y être attentif, puisque cela signifie tout bonnement que vous continuez à payer un prix qui date de la période à laquelle vous avez conclu le contrat, que ce prix vous est toujours appliqué actuellement.

Dans une infographie, la CREG se penche d’ailleurs sur ces fameux contrats dormants : ils sont plus onéreux et beaucoup plus chers que les cours actuels. Par exemple, en Wallonie, en juillet 2019, pour l’électricité (à taux fixe), il y avait 36 produits disponibles en Wallonie et 1277 dormants ! Or, c’est un peu comme les crédits habitations, si les taux d’intérêt chutent, il vaut mieux renégocier son contrat.

Fixe ou variable ?

"Quand on compare un prix variable et un prix fixe, le prix fixe est toujours un petit plus élevé ", avance Laurent Jacquet, de la Creg. Pourquoi ? "Parce qu’il y a un risque pour le fournisseur de voir le prix augmenter par rapport au prix de la souscription du contrat, alors il va compenser le fait qu’il ne peut pas vous répercuter cette hausse", poursuit-il.

Il n’y a donc pas vraiment d’école en la matière, et de toute façon, changer de contrat est extrêmement simple et rapide, tout comme changer de fournisseur. Il suffit de prendre contact avec le nouveau fournisseur qui va s’occuper de clôturer le compte du précédent contrat, de vous envoyer un relevé de compteur et cela se fait dans un délai de préavis d’un mois, qu’il faut respecter. Selon notre spécialiste, "il n’y a pas d’indemnités de sortie, en principe, et pas non plus de risque de coupure sauf évidemment si vous ne payez plus vos factures."

En revanche, il faut être vigilant à la redevance fixe. Cette redevance sert en fait à couvrir les frais administratifs et peut varier de 0 à 120€. Certains vous le font payer au prorata de la durée de votre contrat, donc si vous rompez ce contrat au bout de six mois par exemple, vous payerez la moitié de cette redevance. "Mais attention, d’autres fournisseurs vous l’appliquent, quel que soit le moment où vous sortez et ils vous appliquent le montant maximal, qui peut donc aller jusque 120€", alerte notre interlocuteur. Du coup, en plus de comparer les prix, soyez attentifs aux conditions.

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