Les prisonniers vont bientôt voir leurs droits rabotés

Les prisonniers vont bientôt voir leur droit rabotés
Les prisonniers vont bientôt voir leur droit rabotés - © JORGE UZON

Tour de vis à venir dans les prisons du pays. La chambre doit adopter aujourd'hui un projet de loi qui va restreindre les droits des détenus. Le gouvernement veut augmenter la sécurité dans les prisons mais cela se fera au détriment de prisonniers.

Le Gouvernement veut répondre aux tentatives d'évasions, aux trafics en tous genres, de drogues ou de GSM. Il veut aussi améliorer la sécurité des gardiens. Mais ce supplément de sécurité a un prix. Et c'e sont les détenus qui le paieront.

Les fouilles au corps, où le détenu doit s'agenouiller nu devant deux gardiens seront, si la loi passe, plus systématiques et ne nécessiteront plus d'autorisation préalable du directeur de la prison. Elles auront lieu quand le détenu revient de l'extérieur, quand il revient d'un parloir où il a pu avoir un contact avec une personne physique, ou lors d'une mise au cachot.

Parmi les autres restrictions, le travail en prison ne sera plus considéré que comme une occupation. Le droit au travail et les droits qui s'y rapportent seront gommés, et les infractions au règlement intérieur seront sanctionnées plus durement. La possession d'un GSM par un détenu deviendra une infraction grave, avec sanction plus sévère à la clef, tout comme pour les prises d'otages : le passage au cachot pourrait passer de 9 à 14 jours.

Le détenu ne sera plus informé des rapports disciplinaires qui le concernent, quand la direction décide de ne pas y donner suite, histoire de ne pas désavouer un gardien.

L’Observatoire international des prisons dénonce l’arbitraire des mesures qui s’annoncent et se montre aussi très critique par rapport aux fouilles à corps, plus systématiques. Juliette Moreau, la présidente de la section belge de l'Observatoire des prisons, exprime son inquiétude par rapport à ce tour de vis dans les prisons. Mais elle retient plus particulièrement encore l'attention sur le rapport au travail des détenus. "Le projet de loi indique qu'aucun contrat de travail au sens de la loi n'est conclu avec les détenus", dit-elle.

"Et donc ici ,on balaye toute la jurisprudence qui était en train de se mettre peu à peu en place sur le fait qu'il y avait réellement un contrat de travail entre l'administration et le détenu. Ça veut dire qu'on balaye également la possibilité qu'il y ait des indemnités en cas d'accident de travail, qu'il y ait des règles de contrat social en fait."

RTBF

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK