Les premiers résultats de la chasse à la surconsommation d'antibiotiques

Médecin généraliste, le Docteur Michel Vermeylen préside le Comité d'évaluation de la prescription de médicaments
Médecin généraliste, le Docteur Michel Vermeylen préside le Comité d'évaluation de la prescription de médicaments - © Tous droits réservés

La consommation et la prescription d'antibiotiques diminuent lentement en Belgique. En tout cas auprès des affiliés de Solidaris. Au terme d'une enquête de la mutuelle, il apparaît par exemple que le médecin généraliste abaisse de 2,4 à 2,1 le nombre de prescriptions par mille affiliés par jour, dernière statistique disponible en 2014.

Pourtant, il n'est pas simple de convaincre des collègues de limiter ce type de traitement à des cas précis et indiqués pour la santé du patient. "Ça ne marche pas. L'industrie pharmaceutique défend ses médicaments et en défend une utilisation importante. Nous avons en même temps une facilité de ne pas nous poser trop de questions et de le prescrire, quelquefois par réflexe, alors que ce n'est pas forcément nécessaire", souligne le Docteur Michel Vermeylen.

Médecin généraliste, il préside par ailleurs le Comité d'évaluation de la prescription des médicaments. La pression du patient qui ressent les symptômes et souhaite rapidement et radicalement vaincre le mal ? "Nous, médecins, devons lui expliquer que s'il a une maladie à virus, l'antibiotique ne sert à rien."

Des campagnes de sensibilisation permanentes

Observée en forte hausse de 2004 à 2009, la consommation d'antibiotiques est en partie liée aux campagnes de sensibilisation auprès des médecins : "Chaque fois qu'il y a une campagne destinée à ne pas trop prescrire ou de manière inadéquate, ça marche ! La diminution est claire et nette. Malheureusement, trois, quatre ans plus tard, c'est à recommencer ! Que faut-il faire ?", interroge le Docteur Vermeylen.

"Faut-il avoir des délégués médicaux venant des pouvoirs publics pour signaler aux médecins que pour des raisons économiques et de santé, il serait préférable de diminuer la prescription d'antibiotiques ? Qu'il s'agit de n'utiliser que ceux avec lesquels on a le moins de problèmes ? Si vous trouvez la possibilité que ce discours devienne permanent, ce serait magnifique ! C'est un souhait très cher."

Même les animaux en bonne santé en bénéficient

On le sait : dans certaines pathologies, des microbes résistent aux antibiotiques. Le traitement est dès lors inefficace. Michel Vermeylen en appelle aussi aux vétérinaires : "Les antibiotiques prescrits de façon à maintenir l'animal en bonne santé, non pas de le soigner, est effarante. Et c'est une grande cause de résistance aux antibiotiques, ce sont ces antibiotiques-là".

La (faible mais réelle) diminution observée par Solidaris demande par conséquent une confirmation dans le temps. Le gouvernement fédéral s'est emparé de la lutte contre la surconsommation : dès le printemps prochain, ces médicaments seront nettement plus chers.

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