Les premiers ménages approvisionnés par le plus grand parc éolien de Belgique

Ils poussent comme des champignons au large de nos côtes, six parcs d’éoliennes offshore sont désormais alignés sur l’horizon. Ce mardi, Norther, le 6ème parc construit en Belgique s’est connecté au réseau électrique. Pour l’instant, 12 de ses éoliennes produisent de l’électricité mais d’ici la fin de l’année, l’ensemble de ses 44 éoliennes offshore pourra produire 370 MW. Ce sera le plus grand parc construit en Belgique.

Grâce à sa mise en service, la capacité de production totale d’électricité provenant de la mer du nord atteindra alors 1556 MW. Cela correspond à la consommation d’électricité d’environ 1.300.000 ménages et à la production moyenne d’une centrale nucléaire de 1000 MW en sachant qu’une centrale tourne à 80% du temps par an pour seulement 45 % pour une éolienne offshore.

Fait assez rare pour être souligné, la Belgique est dans le top 3 européen de la production d’électricité provenant de l’offshore juste derrière le Danemark et l’Allemagne.

Mais si nous sommes bien placés, c’est surtout parce que l’État belge a soutenu massivement sous forme de subsides la construction de ces éoliennes offshore.

L'éolien offshore a bénéficié d'une manne de subsides de l'Etat

Les trois premiers parcs éoliens offshore, C-Power, Belwind, Northwind sont subsidiés à raison de 149 euros / MWh produits. Pour autant, les certificats verts qu’ils envoient à Elia, le gestionnaire du réseau électrique belge, ne vont pas créer de bulles financières car contrairement aux certificats verts provenant des propriétaires de panneaux photovoltaïques, ceux de l’éolien offshore sont déjà actuellement comptabilisés dans les factures d’électricité de tous les Belges. Aujourd’hui, les parcs éoliens C-Power, Belwind et Nothwind sont très rentables pour leurs actionnaires car ils bénéficient à la fois de subsides et de taux d’intérêts très bas actualisés en fonction du marché. Mais, il faut convenir aussi que ce sont les trois parcs qui ont payé les coûts d’investissement les plus élevés.

En juin 2017, la Belgique accorde encore 124 euros de subvention par MWH produit aux parcs Norther et Rental. Mais un mois plus tard, les Pays-Bas concèdent un prix bien moins élevé pour ses parcs de Borsele 72 euros et 54 euros du MWH. Le prix est divisé par deux lorsque l’on passe la frontière. Un rapport de la Creg, le régulateur fédéral belge, a transposé le système néerlandais à nos réalité belges et considère que nous devrions plafonner à une subvention de 62 à 64 eur/MWH.

Les investisseurs se justifient en affirmant que leurs éoliennes se répartissent sur des parcelles plus petites. Résultat, elles prennent moins de vent. Par ailleurs, les sociétés des Pays-Bas bénéficient d’une fiscalité moins élevée ainsi que d’un risque de développement et d’une connexion au réseau prise en charge par l’État néerlandais. La société Norther précise aussi qu’elle a reçu ses concessions domaniales en 2009 et qu’elle avait déjà engagé 40 millions d'euros depuis plus de neuf ans.

Une chose est sûre, à la suite de ces accords, les subsides accordés aux parcs suivants ont été considérablement réduits : 79 euros par MWH produit.

La Belgique a-t-elle investi trop et trop tôt dans l’éolien offshore ?

Selon Dominique Woitrin, ex-directeur de la Creg et observateur du marché de l’énergie, le placement précoce de la Belgique sur ce marché était très positif. "Ça a permis, nous explique-t-il, de donner une expertise aux entreprises belges. Des sociétés comme Deme ou Jan de Nul, de grosses sociétés de dragage, sont reconnues dans le monde entier pour leur expertise en offshore. Elles travaillent actuellement aux quatre coins du monde ".

D’ici 2030, 20% de notre électricité sera produite grâce à nos éoliennes offshore. Une électricité verte qui génère aussi entre 15.000 et 16.000 emplois directs et indirects en Belgique et en Europe.

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