La Belgique en route vers le revenu universel ?

Les premières pistes belges vers un revenu universel
Les premières pistes belges vers un revenu universel - © Tous droits réservés

Le débat d' "A votre avis" de ce dimanche portait sur le revenu universel, réunissant autour de la table quatre visions autour de l'un des pères fondateurs de cette allocation universelle, Philippe Van Parijs, économiste à l'UCL.

Pallier les manquements de notre système social

D'un côté, Philippe Defeyt, économiste et ancien secrétaire fédéral d'Ecolo, et Georges-Louis Bouchez, directeur général du centre Jean Gol de recherche du MR, proposent chacun leur version du revenu universel. L'ancien président du CPAS de Namur veut un renforcement du système de sécurité social, "Et autour de cela, on brode afin de pallier aux manquements de notre système actuel, qui s’adapte parfois mal à certaines situations. Je propose un système de 600 euros par mois avec le maintien des allocations sociales, afin que personne n’y perde."

Une simplification administrative

Georges-Louis Bouchez vise plus haut, et propose 1000 euros par mois, 1600 euros à l'âge de la pension, mais "avec toute une série d’allocations sociales supprimées. De manière à contribuer à la croissance et d'être rétribué de notre contribution et à faire face aux mutations et changements de notre société. On ne peut pas demander d’être plus flexible sans garantir une certaine sécurité." Un système qui vise une simplification administrative, le chef de file du MR Mons dénonçant les multiples démarches et complexités administratives liées au nombre élevé d'allocations disponibles.

Un attrape-gogo?

Frédéric Daerden, député fédéral PS, freine des dix orteils face aux propositions avancées dans l'émission, au nom de la protection des services publics : "il y autant d’allocations universelles que d’auteur. C’est un attrape-gogo". Et prenant un exemple concret : "Une femme avec un enfant qui perd son travail se retrouvera avec 1000 euros, en devant payer ses frais de scolarité et de santé avec ce seul montant, ce qui est impossible. C’est une philosophie libérale de détricotage de l’Etat et des services publiques, car il n’y aura plus moyen de les financer. En gros, on dit prends un montant et débrouille-toi." Quant à la version de Philippe Defeyt, "ce n’est pas finançable si l’on garde les allocations sociales en leur montant actuel."

Un pouvoir émancipateur

Sans poser de propositions concrètes sur la table, Marie-Helène Ska, secrétaire générale de la CSC, explique que le syndicat lance sa réflexion sur le sujet cette année, insistant sur l'importance du caractère émancipateur que doit avoir ce genre de mesure. "Notre système de protection et d’assurance sociale offre déjà un revenu de base à beaucoup de personnes. Mais ces minima sont complexes, et liés à la situation de la personne. Et certaines personnes échappent à ces minima, comme les jeunes qui sortent des études qui se retrouvent sans rien. Dans une société fluide comme actuellement, ce sont deux problèmes importants."

"La CSC va donc examiner ces différentes pistes, sans a priori. Évaluer notre système social mais aussi les capacités d’émancipation des uns et des autres, à la lueur de nos balises : ces mesures sont-elles justes, sont-elles porteuses de progrès social, renforcent-elles les capacités d’émancipation?"

Une vision appréciée par Phiippe Van Parijs, rappelant qu'il faut trouver "de nouvelles solutions qui s’adaptent à notre siècle, qui est bien différent du précédent, et surtout ne pas regarder que le montant, mais aussi ce que l’on supprime et le mode de financement. Je suis heureux qu’enfin, en Belgique, il y ait un débat sérieux autour de l’allocation universelle."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK